Le FMI voit la croissance mondiale à 3,9% en 2018 et en 2019

Le FMI voit la croissance mondiale à 3,9% en 2018 et en 2019
FMI Christine Lagarde fond vert

Boursier.com, publié le lundi 22 janvier 2018 à 15h00

Le Fonds monétaire international a beau tenter de modérer son enthousiasme en titrant sa dernière note de conjoncture "De meilleures perspectives, des marchés optimistes, des défis en vue", on sent bien que les rédacteurs de la note de conjoncture qui accompagnera l'ouverture, demain, du Forum de Davos, partagent l'optimisme ambiant.

Selon le document fraîchement publié, la croissance économique mondiale a atteint 3,7% en 2017, "ce qui est supérieur de 0,1 point à la projection de fin d'année dernière, et de de 0,5 point à 2016", indique l'institution. Pour 2018 et pour 2019, les anticipations précédentes devraient être dépassées de 0,2 point : la croissance est attendue à 3,9% dans le monde sur chacun des deux exercices, grâce à une dynamique supérieure aux attentes des économies matures et à l'impact de la réforme fiscale aux Etats-Unis. Cette réduction de la taxe sur les entreprises est d'ailleurs largement commentée par le FMI, parce que la médaille a son revers. A court terme, elle devrait soutenir la croissance économique des Etats-Unis, au moins jusqu'en 2020. Le Fonds table sur 2,7% en 2018 (2,3% précédemment) et 2,5% en 2019 (1,9% jusque-là). A partir de 2020 et surtout de 2022, cela sera moins évident, voire contreproductif, selon le FMI : les effets positifs risquent d'être obérés par les ajustements fiscaux nécessaires pour boucler les budgets et par la nature temporaire de certaines mesures. En parallèle, la réponse inflationniste à l'accroissement de la demande domestique risque d'être mitigée, car les prix ont été assez peu sensibles aux changements de rythmes récemment aux Etats-Unis et que la Réserve fédérale semble engagée sur la voie d'une hausse de taux plus rapide que prévu.

Des risques contenus

Les risques qui pèsent sur les perspectives sont à court terme "bien équilibrés", selon la formule consacrée, mais le moyen terme est moins sécurisant. Si l'inflation venait à accélérer aux Etats-Unis plus que ce que le FMI envisage, la réponse monétaire de la Fed pourrait être plus musclée en entraîner une raréfaction des liquidités. Il y a aussi un risque que la réforme fiscale américaine ne provoque pas autant d'investissements que prévu. Sur les marchés, le risque financier reste présent, notamment dans la sphère des investisseurs qui profitent des taux bas pour se positionner sur des compartiments à haut rendement. En cas de retournement sans signe avant-coureur, ces financiers pourraient être rapidement fragilisés. Le FMI voit aussi une menace dans la montée des protectionnismes illustrée par la renégociation de traités commerciaux ou le divorce entre le Royaume-Uni et le reste de l'Union européenne. Enfin, le risque politique est toujours présente dans la zone du Moyen et du Proche-Orient, mais aussi dans plusieurs pays qui attendent d'importantes échéances électorales, comme le Brésil, l'Italie, le Mexique ou la Colombie. Et le Fonds n'omet pas de citer également le dérèglement climatique qui entraîne des événements naturels de plus en plus violents.

Pour la France, le FMI table sur une croissance de 1,9% en 2018 et de 1,9% en 2019, contre respectivement 1,8% et 1,9% précédemment. C'est moins que la moyenne de la zone euro (2,2% en 2018 et 2% en 2019), mais mieux que le Japon (1,2% puis 0,9%) et le Royaume-Uni (1,5% pour les deux millésimes). Les économies avancées devraient croître de 2,3% cette année et de 2,2% l'année prochaine, tandis que les économies en développement sont créditées respectivement de 4,9% et 5%.

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