Le gouvernement défend son projet de loi "Climat et résilience"

Le gouvernement défend son projet de loi "Climat et résilience"
Gaz à effet de serre, climat, réchauffement

Orange avec Boursier.com, publié le mercredi 10 février 2021 à 09h41

Fin de la location de "passoires thermiques", régulation de la publicité pour les énergies fossiles ou encore la fin des lignes aériennes "s'il existe une alternative en train en moins de 2h30" sont au programme.

Fin de la location de "passoires thermiques", régulation de la publicité pour les énergies fossiles ou encore la fin des lignes aériennes "s'il existe une alternative en train en moins de 2h30" sont au programme.

Le gouvernement examine ce mercredi en conseil des ministres le projet de loi "Climat et résilience", présenté comme une preuve de son engagement en faveur de l'écologie à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle.

Le texte met en oeuvre une partie des 149 propositions, certaines amendées, issues de neuf mois de travaux des 150 membres tirés au sort de la Convention citoyenne pour le climat, avec l'objectif affiché de faire baisser de 40% d'ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990.

Fin des locations de logements mal isolés

Parmi les mesures figurent la fin de la location de logements mal isolés, surnommés "passoires thermiques", à l'horizon 2028, la régulation de la publicité pour les énergies fossiles ou encore la fin des lignes aériennes "s'il existe une alternative en train en moins de 2h30", là où les membres de la convention proposaient quatre heures.

Interrogée sur France Inter, Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, a défendu l'ambition d'une loi qui "va faire entrer l'écologie et donc le bon sens dans la vie quotidienne des Français". Elle a rappelé que ce texte s'inscrivait dans la continuité des politiques menées depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron.

"Dire que cette loi est une loi qui doit porter à elle seule toutes les ambitions de la France sur les réductions de gaz à effet de serre, c'est absolument absurde", a affirmé Barbara Pompili. "On a un ensemble de mesures qui sont portées depuis le début de ce quinquennat qui poussent vers cette orientation."

Occasion ratée

Dans les rangs écologistes, dont la ministre est issue, on parle en revanche de "grande occasion ratée", selon les termes d'Eric Piolle. Sur RTL, le maire de Grenoble a accusé le président de la République de faire "le choix de protéger ses amis, les publicitaires, les géants de l'aviation, les géants américains" au détriment de "nos modes de vie, ce qui fait les dépenses des ménages".

"Vu les enjeux, ces petites avancées (...) sont en fait des reculs", a-t-il insisté. "Le cap lui-même n'est pas assez ambitieux (...) et en plus on ne se donne pas les moyens." Les critiques ne viennent pas seulement de l'opposition politique.

Des mesures trop limitées

Dans une lettre ouverte au président de la République, 110 organisations de la société civile - dont Greenpeace, Emmaüs France et WWW France - réunies dans le collectif Réseau action climat jugent que "ce projet de loi cède largement le pas à l'incitation et aux simples encouragements à changer de pratiques là où une intervention des pouvoirs publics est requise".

Dans un avis rendu fin janvier, le Conseil économique social et environnemental (CESE) a pour sa part estimé que "les nombreuses mesures du projet de loi sont en général pertinentes, mais restent néanmoins souvent limitées, différées, ou soumises à des conditions telles que leur mise en oeuvre à terme rapproché est incertaine".

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