Le Grand Paris Express sous hautes pressions politiques

Le Grand Paris Express sous hautes pressions politiques
Sénat parlementaires vote loi

Boursier.com, publié le jeudi 01 février 2018 à 09h02

Le Sénat se dit "inquiet" de l'impact potentiel du retard pris par les travaux du Grand Paris Express sur le bon déroulement des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 dans la capitale...

Rappelons que le "chantier du siècle" doit permettre de désengorger le réseau ferroviaire parisien en reliant entre eux les départements de la petite couronne via la construction de quatre lignes automatiques de 200 kms et de 68 nouvelles gares autour de Paris d'ici à 2030.

"Les retards pris et les difficultés de financement rencontrées pourraient nuire au bon déroulement des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 et, plus globalement, à la gestion de la mobilité en Île-de-France", soulignent les sénateurs.

Calendrier serré

Ils ont cependant validé, lors de l'adoption en commission du projet de loi sur l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, les "mesures sécurisant la liaison rapide Charles de Gaulle Express" entre Paris et CDG.

Mais le calendrier de la mise en service de la ligne 17, située sur le même itinéraire que le CDG Express, appelée à permettre l'accès de plusieurs épreuves des Jeux olympiques, fait débat, avant la remise des arbitrages sur le calendrier de réalisation du projet, attendue mi-février.

Vote en vue

Avant le vote en séance publique sur le projet de loi, prévu mardi et mercredi prochain, ils ont approuvé en commission des mesures dérogatoires aux procédures d'urbanisme et d'expropriation afin de garantir que les 37 sites de compétition et les transports soient prêts en temps et en heure...

Rappelons que la Cour des comptes n'a pas été tendre le mois dernier sur le dossier... Dans un rapport, les Sages ont sonné l'alarme "sur le dérapage considérable du coût prévisionnel du projet de Grand Paris Express". Les dépenses totales sont désormais estimées à 38,5 milliards d'euros, alors que l'objectif initial avait été fixé à 25,5 milliards en 2013.

Quelles recettes attendre ?

Alors que l'ouverture partielle de ce réseau est envisagée pour l'accueil des Jeux olympiques à Paris en 2024, la Cour fait part de ses "sérieuses interrogations sur la capacité à respecter les échéances olympiques".

Elle s'interroge aussi sur le modèle économique du projet, combinée à des incertitudes sur les recettes attendues conduisant à "s'interroger sur le caractère amortissable de la dette (du projet) à long terme". La Cour s'inquiète d'une incidence "significative" sur les comptes publics, jugeant que ce projet "pèsera sur la trajectoire de dépenses, de déficit et de dette publics de la loi de programmation des finances publiques 2018-2022".

Réforme de la gouvernance

Comment faire pour redresser la barre ? La Cour préconise une réforme de la gouvernance de la Société du Grand Paris (SGP), la structure créée en 2010 et chargée de réaliser le Grand Paris Express pour le compte de l'Etat.

"La gouvernance de la SGP est désormais trop tournée vers la dimension politique du projet et pas assez vers la maîtrise des enjeux, en particulier les objectifs de coûts", ont estimé les auteurs du rapport. "Le coût du projet doit désormais être stabilisé" et "ce nouveau coût doit s'imposer à la SGP", souligne la Cour en appelant également à "revoir le calendrier" pour éviter d'"accroître l'instabilité de la maîtrise des risques et des coûts"...

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