Le Medef veut rouvrir le débat sur le temps de travail

Le Medef veut rouvrir le débat sur le temps de travail
La Rencontre des Entrepreneurs de France, LaREF à Paris. Geoffroy Roux de Bezieux.

Boursier.com, publié le mercredi 26 août 2020 à 16h49

"La richesse d'un pays, c'est la quantité de travail par individu multipliée par le nombre de gens qui travaillent. Tout le reste, c'est de l'idéologie", a déclaré le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.

Le retour de l'éternel débat ? En ouverture de l'université d'été du Medef à l'hippodrome de Longchamp dans l'ouest de Paris ce mercredi, Geoffroy Roux de Bézieux a de nouveau ravivé le débat sur le temps de travail pour relancer l'activité, en pleine crise du Covid-19. Pour rappel, le patron du Medef avait déjà suscité un tollé en évoquant ce sujet pendant le confinement.

"'Travailler plus' : que n'avais-je pas dit au pays des 35 heures ? Depuis, j'ai cru entendre certains responsables politiques, et pas des moindres, parler de 'travailler davantage", a-t-il fait remarquer devant un public de chefs d'entreprises, estimant qu'il faudra rouvrir le débat " lorsque reprendront les négociations sur la réforme des retraites, c'est-à-dire "pas maintenant", mais "pas non plus en 2022".

"La richesse d'un pays, c'est la quantité de travail par individu multipliée par le nombre de gens qui travaillent. Tout le reste, c'est de l'idéologie", a affirmé le président du Medef, ajoutant que les pays du nord de l'Europe "nous demanderont des comptes sur les réformes".

Hostilité des syndicats

Confronté à l'hostilité des syndicats, Geoffroy Roux de Bézieux avait d'abord décidé de refermer le débat sur un allongement du temps de travail après le confinement fin avril. Début mai, le patron du Medef temporisait. "La situation des entreprises va être très différenciée selon les branches. Dans certains secteurs, la demande peut être soutenue, mais les contraintes sanitaires font que la productivité baisse : c'est là que la question du 'travailler plus' peut se poser, mais elle ne peut l'être qu'avec les salariés et entreprise par entreprise", avait-il estimé dans un entretien au 'Monde'.

De son côté, le patron de la CGT avait sans surprise rejeté cette piste, expliquant sur 'France 2', en mai dernier, n'avoir "toujours pas compris le principe qui consisterait à dire que ceux qui ont du boulot devraient travailler plus pour en donner à ceux qui n'en ont pas".

Laisser de la "souplesse" aux entreprises

Par ailleurs, Geoffroy Roux de Bézieux a demandé au gouvernement d'accorder de la "souplesse" aux entreprises afin d'organiser le port du masque obligatoire sur les lieux de travail. En effet, il estime que l'annonce faite par la ministre du Travail Elisabeth Borne fin août avait été "un peu brutale".

A partir du 1er septembre, le port du masque sera obligatoire en entreprise dans tous les espaces de travail clos et partagés, y compris dans les open-spaces. Le patron du Medef a tout de même reconnu que "tout est préférable au reconfinement" pour relancer l'économie et l'activité des entreprises...

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