Le médiateur des entreprises alerte sur les délais de paiement l'été

Le médiateur des entreprises alerte sur les délais de paiement l'été
bureau entreprise

Boursier.com, publié le mardi 14 août 2018 à 10h57

Les retards de paiement se multiplient l'été, plongeant de nombreuses entreprises françaises dans de grandes difficultés. Pierre Pelouzet, le médiateur des entreprises, "pousse un cri d'alarme car cela ne peut plus durer", dans les colonnes du 'Parisien' mardi. Il note que beaucoup de factures restent impayées pendant les vacances, faute de personnel suffisant pour lancer les règlements. "Du coup, le processus prend du retard. Et si cela n'a pas vraiment d'impact sur un grand groupe, cela peut provoquer la faillite d'une PME", observe-t-il.

Des entreprises qui font faillite

Selon ses chiffres, trente entreprises mettent la clé sous la porte chaque jour à cause des retards de paiement. "Nous n'avons pas de chiffres mensuels mais nous sommes particulièrement alertés en septembre par des petits patrons qui n'ont pas reçu leur chèque", s'alarme-t-il. Le médiateur reçoit en moyenne une centaine de demandes de médiation par mois. En septembre, ce chiffre tourne plutôt autour de 120. Il y a pourtant du mieux en France, avec des retards moyens de dix jours pour une facture, contre 14 jours il y a quatre ans. Pas suffisant cependant, alors que ces retards de règlements entraînent entre 14 et 16 milliards d'euros de versements en stand-by.

Des intérimaires pour honorer les factures

Pierre Pelouzet estime que les entreprises devraient adapter leurs effectifs aux congés d'été, pour que les services de paye ne soient pas vides et qu'ils continuent de tourner, de manière à honorer les règlements. "Un chef d'entreprise embauche des intérimaires pour faire tourner son usine et livrer son client à temps. Cela devrait être la même chose lorsque cela impacte ses fournisseurs", argumente-t-il dans 'Le Parisien'. Il propose aussi de réaliser davantage de paiements automatiques, et si les montants ne sont pas exacts, de corriger à la rentrée.

Le non respect des délais de paiement est régulièrement épinglé en France. Sephora, Société Générale, Technip FMC, la RATP, la Française des Jeux, La Poste... Ce sont de grandes entreprises qui ont été montrées du doigt au premier semestre par Bercy, pour avoir pris des libertés avec les factures. Depuis loi Macron de 2015, la technique du "name and shame" permet à la répression des fraudes (DGCCRF) de publier régulièrement sur son site internet les noms des sociétés qui ne jouent pas le jeu, aux dépens de leurs fournisseurs et de leurs sous-traitants.

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