Le montant des dividendes versés à travers le monde a plongé au deuxième trimestre

Le montant des dividendes versés à travers le monde a plongé au deuxième trimestre
euro monnaie devise flamme feu

Boursier.com, publié le jeudi 03 septembre 2020 à 05h53

L'impact du Covid-19 varie en fonction des différents pays et des secteurs...

Au cours d'un trimestre marqué par d'importants bouleversements sur fond de pandémie internationale, les dividendes ont été radicalement impactés... Selon le dernier indice Global Dividend Janus Henderson (JHGDI), le total des versements a diminué de 108,1 milliards de dollars pour tomber à 382,2 milliards de dollars, soit le montant total le plus faible au cours d'un second trimestre depuis 2012.

Le recul total de 22% de l'indice équivaut à une baisse sous-jacente de 19,3% et représente aisément la plus lourde chute trimestrielle depuis au moins la crise financière mondiale. Plus d'un quart (27%) des payeurs au second trimestre ont réduit leurs dividendes et plus de la moitié d'entre eux les ont purement et simplement supprimés.

Le JHGDI est tombé à 182,2, soit son plus bas niveau depuis le second trimestre 2018. Il a toutes les chances de continuer à reculer au cours de l'année...

L'exception américaine

Les dividendes ont diminué dans toutes les régions du monde, sauf en Amérique du Nord grâce notamment à la résistance des entreprises canadiennes. Les différences entre les pays et secteurs ont été marquées. L'Europe et le Royaume-Uni ont été les régions les plus touchées puisque les paiements ont chuté de 40 % en termes sous-jacents.

Le trimestre s'est avéré particulièrement difficile pour la France, le premier payeur de dividendes en Europe, où le montant total des dividendes a atteint son niveau le plus bas depuis au moins une décennie, même si une partie des revenus versés par les entreprises françaises sera récupérée plus tard en 2020.

A l'autre extrémité de l'échelle européenne, les paiements en Suisse n'ont pour ainsi dire pas changé d'une année sur l'autre. En Asie, c'est l'Australie qui a accusé l'impact le plus prononcé, mais les troisième et quatrième trimestres devraient eux aussi être affectés, tandis que le Japon s'est révélé être relativement épargné.

Les tendances sectorielles ont mis en évidence une résistance des dividendes dans les secteurs de la santé et des communications, tandis que les paiements dans ceux de la finance et de la consommation cyclique ont quant à eux fortement diminué...

Scénarii revisités

Compte tenu des chiffres du deuxième trimestre, Janus Henderson a révisé ses scénarios les plus optimiste et pessimiste pour 2020... Les prévisions de l'équipe à l'égard des dividendes étant appelés à être réduits et épargnés se sont avérées exactes, mais on sait désormais plus clairement comment les entreprises dont les paiements considérés comme "vulnérables" par Janus Henderson vont se comporter.

Cela signifie que la fourchette des résultats s'est réduite de -15% à -35% de la baisse sous-jacente estimée il y a trois mois, date à laquelle l'incertitude était bien plus grande...

Dans le cadre du scénario le plus optimiste, Janus Henderson prévoit une baisse sous-jacente de 19% des dividendes en 2020, soit une diminution totale de 17% et un montant global de 1.180 milliards de dollars.

Dans le cadre du scénario du pire, Janus Henderson entrevoit une chute en valeur sous-jacente et totale de respectivement 25% et 23%. Cela équivaudrait à un montant global de 1.100 milliards de dollars au niveau mondial. Cela signifie que non seulement l'incertitude a diminué, mais que l'estimation de la valeur moyenne s'est également améliorée de deux points de pourcentage. Pour autant, 2020 est appelée à être la pire année depuis au moins la crise financière mondiale...

Les dividendes français ont connus leur plus forte chute de la décennie

Jane Shoemake, Directrice des investissements au sein de l'équipe actions internationales à fort rendement, a déclaré : "La plupart des entreprises européennes ne versent leurs dividendes qu'une fois par an au deuxième trimestre. La suppression d'un dividende a donc un impact disproportionné sur le montant total annuel, mais cela signifie aussi que l'Europe va enregistrer un rebond en 2021. Au Royaume-Uni, le rebond sera plus modeste car un certain nombre de sociétés, en particulier les géants pétroliers Shell et BP, ont saisi l'occasion pour établir leurs paiements de manière permanente à un niveau inférieur. Cette situation met un peu plus en évidence tout l'intérêt d'adopter une approche d'investissement diversifiée en matière de revenus. Certains paiements ont simplement été différés. Nous pouvons déjà constater que certains d'entre eux font leur retour, même s'ils sont certes accompagnés d'une grande incertitude. Certains de ceux qui ont été reportés seront payés intégralement, d'autres le seront mais à un niveau revu à la baisse et d'autres seront purement et simplement annulés. La grande question est de savoir ce qui se va se passer aux États-Unis et au Canada au quatrième trimestre, lorsque les entreprises redéterminent leur dividende annuel. Selon les indications disponibles jusqu'à présent, il semble que les baisses en Amérique du Nord soient appelées à être moins sévères qu'en Europe, au Royaume-Uni et en Australie grâce à la faiblesse des taux de distribution et à la capacité des entreprises à absorber une grande partie du choc en réduisant la voilure de leurs programmes de rachat d'actions. Nous nous attendons toujours à ce que le Japon, l'Asie et certains marchés émergents soient moins gravement touchés, mais il est également probable que la réaction soit plus tardive dans ces pays, d'où un impact négatif sur la croissance jusqu'en 2021"...

Jane Shoemake poursuit : "En dépit de toutes ces réductions, nous anticipons toujours des dividendes supérieurs à 1.000 milliards de dollars cette année et l'année prochaine, ce qui souligne toute l'importance d'évaluer la capacité des actions à générer des revenus. Une pause temporaire des dividendes peut certes peser sur le sentiment à court terme, mais elle ne modifie en rien la valeur fondamentale d'une entreprise. En effet, si le capital nouvellement émis ou non distribué n'est pas nécessaire, il finira par être reversé aux actionnaires".

Charles-Henri Herrmann, Directeur du Développement France & Distribution BeNeLux, conclut : "Avec les mesures réglementaires mises en place par le gouvernement pour faire face à l'impact économique de l'épidémie de Covid-19, les dividendes français ont connus leur plus forte chute de la décennie. Les valeurs bancaires mais aussi des secteurs de la consommation et de l'industrie ont été les plus touchées avec de nombreuses annulations de payement."

Vos réactions doivent respecter nos CGU.