Le nouveau plan loup quasi bouclé, mais sans les éleveurs

Chargement en cours
 France: le futur plan loup quasi bouclé malgré le boycottage des éleveurs

France: le futur plan loup quasi bouclé malgré le boycottage des éleveurs

1/3
© AFP
A lire aussi

AFP, publié le mardi 12 décembre 2017 à 20h34

Les éleveurs campent toujours sur leurs positions mais, après un an de négociations, les pouvoirs publics ont arrêté mardi les grandes lignes du plan loup 2018-2023, qui assume une présence durable du prédateur sur le territoire.

Lundi soir, les agriculteurs, toutes tendances confondues, avaient annoncé qu'ils boycotteraient la concertation prévue à Lyon, refusant un plan qui, selon eux, ne leur donne pas les moyens de se défendre correctement contre le loup qui a tué près de 10.000 brebis en 2016.

Mais Stéphane Bouillon, préfet d'Auvergne-Rhône-Alpes et coordonnateur au niveau national de ces discussions, a décidé de maintenir malgré tout la rencontre. 

Il a présenté aux associations de protection de l'environnement, qui avaient elles fait le déplacement, la dernière mouture de ce plan qui sera publié début février, après une concertation publique en janvier.

Lasses de jouer les équilibristes dans un dossier où elles ne parviendront pas à mettre tout le monde d'accord, les autorités estiment qu'il faut désormais avancer. D'autant que les agriculteurs avaient déjà pratiqué la politique de la chaise vide en septembre et multiplié les manifestations en octobre, conduisant même des milliers de brebis dans les rues de Lyon.

La philosophie du nouveau plan: construire une cohabitation efficace entre éleveurs et loups, tout en garantissant la viabilité du canidé sur le territoire.

Le loup est en effet une espèce protégée, qui avait disparu dans les années 1930, avant de revenir naturellement par l'Italie à partir de 1992. Aujourd'hui, sa population est estimée à 360 loups (+22% sur un an). Très présent dans les Alpes, il étend peu à peu son territoire et a même été vu dans la Somme.

- Mieux comprendre l'animal -

Ce nouveau plan prévoit que les éleveurs auront le droit de procéder à des tirs de défense en cas d'attaque de leur troupeau. Les abattages sans attaque préalable (ou "tirs de prélèvement" dans le jargon) ne seront autorisés qu'après les estives, de septembre à décembre.

Il fixe pour 2018 un plafond à 40 loups abattus maximum, comme en 2017 et à l'avenir, il souhaite une approche scientifique, c'est-à-dire adapter le nombre d'abattages à l'évolution de la population, sachant que les scientifiques estiment qu'il faut au moins 500 loups pour garantir une population viable, selon la préfecture. Il ne sera pas possible d'abattre plus de 10% des loups, 12% maximum sous certaines conditions.

Autre mesure qui fâche les milieux agricoles: le fait de subordonner l'indemnisation à la mise en place de mesures de protection des troupeaux. 

Enfin, le gouvernement entend mener des études sur les hybridations chien-loup (actuellement estimée à 1 à 2% de la population de loups), sur la place du loup dans les écosystèmes, et sur l'éthologie pour mieux comprendre l'animal et son apport à la biodiversité.

"L'aspect positif de ce plan est d'assurer la coexistence entre le loup et le pastoralisme. En revanche on reste toujours opposé aux tirs létaux", juge Patrick Boffy, vice-président de Ferus, association de protection des loups, ours et lynx.

Pour France Nature Environnement, ce plan est une "occasion ratée de rééquilibrer la politique en faveur de la protection du loup". Et le seuil de 12% est dangereux, estime Jean-David Abel, avec risque de stagnation ou régression de la population de loups.

Côté agriculteurs, c'est la colère. La puissante FNSEA demande au gouvernement "de revoir sa copie", de simplifier les autorisations de tirs de défense et de permettre les abattages toute l'année.

Le Modef refuse, lui, le "quota imposé" de 40 loups et fustige un plan qui "préserve le loup sur le territoire" et ne protège pas "les éleveurs, les animaux et les randonneurs".

Les maires de l'Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales ironisent enfin sur un plan qui propose le "marquage des alpages par des crottes de meutes très éloignées pour simuler leur présence", en espérant ainsi décourager l'arrivée de nouveaux loups.

 
3 commentaires - Le nouveau plan loup quasi bouclé, mais sans les éleveurs
  • avatar
    qsdfg45 -

    Un comble !
    Evidemment ,pas un mot sur le croisement loup/chien !...

  • avatar
    Albatros345 -

    les éleveurs français devraient rencontrer leurs homologues italiens ! là-bas , les loups ne sont pas un problème semble-t-il ! de plus ils devraient investir sur les PATOUS , pour garder leurs troupeaux et enfin , vérifier que les soi -disant loups qui attaquent leurs troupeaux ne sont pas en réalité des meutes de chiens sauvages !!!!!!
    Tout axer sur l'élimination du Loup , est une attitude détestable !

  • avatar
    JON-DE-LIONNE -

    de la censure, encore de la censure, toujours de la censure sur le Forum Orange.
    Et bien puisque sur la rubrique Finance, un bug est là ...... moi aussi
    référence à l'article :
    LR: Wauquiez fustige le choix de Bertrand
    Statut : refusé
    Il y a une heure
    le 12 12 2017 à 13 26
    je pense que pour bien comprendre et connaître les valeurs de l'UMP, le plus simple est encore d'écouter un discours de Chirac ( facile à trouver sur internenette) et qui s'appelle du bruit et de l'odeur , ou quelque chose comme ça.

    Un fois entendu ce que disait Chirac en 91, cela permet de savoir qui aurait traverser des " lignes rouges" comme dit M, Juppé et surtout de savoir dans quel sens.

    de wikipédia :

    Le discoursLe 19 juin 1991, au cours d'un dîner-débat du RPR, Jacques Chirac prononce le discours qui contient l'expression le « bruit et l'odeur ». Voici un extrait5, portant sur l'immigration :

    « Notre problème, ce n'est pas les étrangers, c'est qu'il y a overdose. C'est peut-être vrai qu'il n'y a pas plus d'étrangers qu'avant la guerre, mais ce n'est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d'avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d'avoir des musulmans et des Noirs […] Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d'or où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! [applaudissements nourris] Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur [rires nourris], eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et il faut le comprendre, si vous y étiez, vous auriez la même réaction. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela. Nous n'avons plus les moyens d'honorer le regroupement familial, et il faut enfin ouvrir le grand débat qui s'impose dans notre pays, qui est un vrai débat moral, pour savoir s'il est naturel que les étrangers puissent bénéficier, au même titre que les Français, d'une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu'ils ne paient pas d'impôt ! [...] Il faut que ceux qui nous gouvernent prennent conscience qu'il y a un problème de l'immigration, et que si l'on ne le traite pas et, les socialistes étant ce qu'ils sont, ils ne le traiteront que sous la pression de l'opinion publique, les choses empireront au profit de ceux qui sont les plus extrémistes6,7. […] [Au sujet des épiciers de proximité] La plupart de ces gens-là sont des gens qui travaillent, des braves gens ; on est bien content de les avoir. Si on n'avait pas l'épicier kabyle au coin de la rue, ouvert de 7 heures du matin à minuit, combien de fois on n'aurait rien à bouffer le soir8 ? »

    avatar
    qsdfg45 -

    bla bla bla !....

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]