Le "présentéisme", quand les salariés travaillent malgré leur maladie

Le "présentéisme", quand les salariés travaillent malgré leur maladie
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Boursier.com, publié le jeudi 06 août 2020 à 10h45

Les salariés soumis à une forte pression dans leur emploi sont particulièrement nombreux à aller travailler malgré un arrêt-maladie...

Aller au bureau malgré une grippe ou un gros rhume... Les salariés signalent en moyenne onze jours de maladie par an, et huit jours d'absence au travail, selon des donnée publiées par la Dares (ministère du Travail) et datant de 2016. Les trois jours restants, ils vont travailler en étant malades. Ainsi, plus d'un jour de maladie sur quatre (27%) s'est traduit par du présentéisme, une pratique qui consiste à aller travailler tout en étant malade.

Parmi les pays européens, la France est particulièrement touchée par ce phénomène. Selon la dernière enquête européenne sur les conditions de travail (2016), 62% des salariés en France ont fait état d'au moins un jour de présentéisme au cours de l'année 2015, contre 42% des salariés dans l'ensemble de l'Union européenne.

La propension au présentéisme, c'est-à-dire la proportion de jours de maladie passés au travail, varie d'abord en fonction de l'état de santé des salariés : plus le nombre annuel de jours de maladie est élevé, plus la part des jours de présentéisme dans l'entreprise est faible.

Les femmes et les cadres vont davantage travailler en étant malades

L'enquête de la Dares livre également des informations sur le profil des "présentéistes". Le phénomène est moins observé chez les hommes (-3,4 points par rapport aux femmes), mais davantage chez les cadres, surtout pour ceux qui n'encadrent pas d'autres salariés (+4,6 points relativement aux professions intermédiaires).

"La propension au présentéisme est plus importante pour les salariés âgés de plus de 60 ans (+10,2 points par rapport aux salariés de moins de 30 ans) et pour celles et ceux travaillant dans de petits établissements (+6,6 points dans les établissements de moins de 10 salariés relativement à ceux de 10 salariés ou plus)", peut-on lire dans un communiqué.

Les conditions de travail comptent

Ceux qui sont présents au bureau malgré une fièvre ou un virus ceux également ceux qui ont les postes les plus intenses. Les salariés exposés à de mauvaises conditions de travail cumulent plus de jours de maladie (mais, indépendamment de ce lien entre les conditions de travail et la santé, enregistrent également des niveaux élevés de propension au présentéisme", note la Dares.

Dans le détail, une personne cumulant plusieurs contraintes de rythme de travail (l'étude évoque un travail normé, qui demande réponse à la demande, suivi informatisé, procédures qualité, etc.) ont une plus forte propension au présentéisme (+6,9 points relativement à ceux dont le travail est peu intense).

Pression forte

Même scénario pour ceux qui vivent une forte pression temporelle (être obligé de se dépêcher, devoir penser à trop de choses à la fois, etc.) (+6,1 points). "De même, avoir un temps de travail long et envahissant (+4,8 points relativement à ceux qui ont des horaires standards) et juger qu'on manque de moyens pour faire correctement son travail (+4,4 points) sont aussi associés à une forte propension au présentéisme", écrivent les auteurs de cette note.

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