Le Royaume-Uni garde son économie sous perfusion mais amorce des hausses d'impôts

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Le chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, a estimé que le problème central l'économie britannique était "une insécurité et une inégalité profondes", le 3 mars 2021 à Londres.
Le chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, a estimé que le problème central l'économie britannique était "une insécurité et une inégalité profondes", le 3 mars 2021 à Londres.
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© AFP, JESSICA TAYLOR, UK PARLIAMENT

AFP, publié le mercredi 03 mars 2021 à 19h28

Le Chancelier de l'Echiquier, Rishi Sunak, a dévoilé mercredi un budget pour le Royaume-Uni axé sur la relance après le choc sans précédent du coronavirus, avec la poursuite d'aides massives à l'emploi et aux entreprises, mais aussi la perspective de hausses d'impôts pour les grandes entreprises.

Le Chancelier de l'Echiquier, Rishi Sunak, a dévoilé mercredi un budget pour le Royaume-Uni axé sur la relance après le choc sans précédent du coronavirus, avec la poursuite d'aides massives à l'emploi et aux entreprises, mais aussi la perspective de hausses d'impôts pour les grandes entreprises.

Le ministre des Finances a déclaré lors d'une conférence de presse que le gouvernement de Boris Johnson "garderait en place le soutien économique" jusqu'à bien après la levée du confinement en cours dans le pays.

Le ministre a cependant insisté: "il faudra du temps de nous remettre pleinement des dégâts causés par le coronavirus sur notre économie".

Le Royaume-Uni, pays européen au pire bilan sanitaire, est aussi le pays développé ayant subi le plus important choc économique avec un plongeon du PIB de 9,9% l'an dernier, pire dégringolade en 300 ans.

Le ministre des Finances a donc annoncé au Parlement une prolongation jusqu'à fin septembre du système de chômage partiel, grâce auquel le gouvernement prend en charge jusqu'à 80% des salaires à hauteur de 2.500 livres par mois. 

Les employeurs seront appelés à contribution à partir de juillet quand le gouvernement réduira sa subvention à 70% puis 60% dès août. 

De nouveaux prêts aux entreprises sont prévus ainsi que plus de 700 millions de livres pour venir en aides aux entreprises culturelles et sportives. 

Des aides directes de plusieurs milliers de livres sont aussi en préparation pour les secteurs les plus durement touchés par la pandémie, comme la restauration, les commerces ou les pubs, qui vont aussi bénéficier d'un gel des taxes sur l'alcool et d'une baisse de TVA sectorielle.

Une suspension de la taxe sur les transactions immobilières, qui a alimenté un mini boom des achats de logements, est également maintenue, tout comme une revalorisation de 20 dollars par semaine des allocations de revenu minimal.

- Complication du Brexit -

Rishi Sunak, soucieux d'orthodoxie budgétaire, a également insisté: "une fois que nous serons sur la voie de la reprise, nous devrons commencer à redresser les finances publiques".

En raison du confinement actuel, l'économie britannique devrait se contracter à nouveau au premier trimestre, jusqu'à une progressive levée des restrictions à l'activité étalée entre mars et juin.

Le Brexit a apporté une complication supplémentaire avec de grosses perturbations dans les importations et exportations.

Cette année, l'économie du Royaume-Uni devrait connaître une croissance de 4% d'après les prévisions de l'organisme public OBR qui tablait encore sur une hausse de 5,5% en novembre, avant le nouveau confinement.

Mais l'économie devrait retrouver son niveau d'avant la pandémie mi-2022, plus vite que prévu, grâce à l'accélération de la croissance anticipée à 7,3% l'an prochain.

Au total, le budget comporte des annonces de nouvelles mesures d'aides s'élevant à 65 milliards de livres pour cette année et la prochaine.

A la fin de la prochaine année fiscale, le gouvernement aura injecté au total 407 milliards de livres pour maintenir l'économie sous perfusion, et emprunté 355 milliards de livres, un record depuis la deuxième guerre mondiale. 

M. Sunak a donc annoncé une hausse de l'impôt sur les sociétés à 25% d'ici 2023 contre 19% actuellement. 

Critiqué par le patronat, il assure que ce relèvement le Royaume-Uni garderait le niveau de taxe pour les entreprises "le plus bas du G7" et que cette augmentation ne concernera pas les petites entreprises, annonçant aussi une déduction fiscale pour les entreprises qui investissent. 

"Le budget fournit plus de soutien économiques à court terme qu'attendu, mais aussi plus de hausses de taxes que prévu à partir de 2023. Ce qui aide le déficit public à revenir quasi à son niveau d'avant la pandémie d'ici 2025/2026", remarque la maison de recherche Capital Economics. 

Les organisations écologistes Greenpeace et Extinction Rebellion ont pour leur part dénoncé un budget pas à la hauteur face à l'urgence climatique et aux promesses gouvernementales de viser la neutralité carbone en 2050.

Le chef de l'opposition, Keir Starmer, a pour sa part estimé que le problème central "de notre économie est une insécurité et une inégalité profondes et ce budget n'est pas la réponse, clamant qu'une proposition travailliste "aurait mis le système de santé et les maisons de retraite au centre". 

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