Le "simulateur de gain de pouvoir d'achat" de Bercy est en ligne !

Le "simulateur de gain de pouvoir d'achat" de Bercy est en ligne !©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 21 décembre 2017 à 07h03

Personne ne sait si le "simulateur de gain de pouvoir d'achat" mis en ligne par le gouvernement à 7h00 ce jeudi 21 décembre enrichira le débat lancé hier après que l'Insee eut estimé que les ménages français perdront 4,5 milliards d'euros de pouvoir d'achat en 2018. Mais question timing, c'est assez réussi. Les services de Gérard Darmarin, le ministre de l'action et des comptes publics, proposent désormais à l'adresse www.economie.gouv.fr/simulateur-pouvoir-achat cet outil qui doit permettre à chaque Français de calculer l'impact des réformes fiscales de l'exécutif sur ses finances personnelles.

Querelle de méthode

L'Insee n'a pas eu besoin du comparateur officiel pour révéler, dans sa note conjoncturelle du dernier trimestre 2017 publiée mardi, que les ménages vont perdre l'année prochaine au global 4,5 MdsE, soit l'équivalent de 0,3 point de pouvoir d'achat. L'Institut a intégré d'un côté les hausses de fiscalité, notamment la CSG et les taxations accrues du tabac et de l'essence, et de l'autre les nouvelles mesures d'allègement, soit par exemple la taxe d'habitation, le prélèvement forfaitaire unique, l'emploi à domicile et l'ISF. L'érosion du pouvoir d'achat est en partie due au phasage des mesures : les hausses fiscales sont programmées pour le début de l'année tandis que les baisses seront progressivement mises en oeuvre au cours des mois à venir.

Mais l'analyse de l'Insee est contestée par le gouvernement, dont le porte-parole, Benjamin Griveaux, a expliqué hier que les calculs ont été réalisés à consommation équivalente alors que l'alourdissement de la fiscalité sur le tabac et le diesel ont aussi pour vocation de changer les comportements. La note de conjoncture n'a pas intégré, a-t-il ajouté, certains éléments spécifiques comme la prime d'activité, la revalorisation du mode de garde et l'augmentation du minimum vieillesse. Enfin, le porte-parole a précisé que la hausse de la CSG sera entièrement recyclée avec le transfert et la baisse des cotisations chômage et santé sur le travail, ce qui sera visible dans la fiche de paie de janvier, assure-t-il. Le gouvernement s'en tient donc à ses estimations : les baisses d'impôts représenteront 10 MdsE en 2018, dont 5,5 MdsE en faveur des ménages.

864 euros en 5 ans

Compte tenu de la polémique née hier de ces chiffres et des commentaires enflammés qui ont suivi, l'Insee est sorti de son silence en publiant un communiqué apportant quelques éclairages, car le passage sur l'augmentation des prélèvements obligatoires pouvait prêter à ambiguïté. Les rédacteurs de la note de conjoncture expliquent en particulier que leurs travaux ne comprennent pas de prévision d'évolution des prélèvements ni aucun autre agrégat macroéconomique sur la totalité de l'année, et que le tableau qui fait débat ne concerne que les mesures inscrites en prélèvement obligatoire et non les compensations prenant une autre forme. Mais globalement, l'Institut a défendu sa méthode. Pour Gérard Darmarin et le gouvernement, plus de six ménages sur dix, dans les classes moyennes et populaires, bénéficieront de gains de pouvoir d'achat qui s'élèveront à 864 euros en moyenne d'ici la fin du quinquennat. D'ici là, l'Insee aura eu l'occasion de dresser le bilan de l'année 2018, une fois que la totalité du dispositif fiscal aura été déployé.

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