Le taux de chômage devrait "passer la barre des 10%" cette année, selon Pénicaud

Le taux de chômage devrait "passer la barre des 10%" cette année, selon Pénicaud©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 02 juin 2020 à 13h09

Le taux de chômage en France devrait franchir à la hausse le seuil symbolique des 10% sous l'effet des répercussions économiques de la crise sanitaire liée au Covid-19, a estimé la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Quelles prévisions pour l'emploi après la crise sanitaire et économique dû au Covid-19 ? Alors que le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire anticipe désormais une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 11% cette année, Muriel Pénicaud a estimé ce mardi sur 'BFM Business' que "ça va être dur" également sur le marché du travail.

Selon elle, le taux de chômage devrait "passer la barre des 10%" cette année, alors "qu'il y a trois mois, j'annonçais un taux de chômage à 8,1%". "On avait les clignotants verts pour aller vers les 7%", mais à présent, "ce n'est plus possible", a-t-elle expliqué.

"On s'attend à des défaillances d'entreprises", a-t-elle expliqué, ajoutant que pour "celles qui étaient fragiles avant, le Covid-19 est parfois le coup de grâce". "Et puis on s'attend aussi à des licenciements. C'est pour cela qu'on met en place toutes les mesures possibles pour limiter et trouver des alternatives possibles aux licenciements", a poursuivi la ministre.

L'apprentissage "une très haute priorité"

Selon Muriel Pénicaud, il faudra mettre l'emploi en "priorité" dans le plan de relance que le gouvernement prépare et qui sera présenté à la fin de la semaine. L'emploi sera "la boussole", a-t-elle assuré, précisant que l'accent sera mis sur l'apprentissage, alors des centaines de milliers de jeunes s'apprêtent à arriver sur le marché du travail en septembre.

"C'est une très haute priorité l'apprentissage", a estimé la ministre du Travail, se félicitant dans le même temps d'une progression de 16% des apprentis en 2019. "Un pays qui n'investit plus sur les jeunes, c'est un pays qui n'a pas d'avenir... Mon message aux entreprises c'est : 'On vous a aidé, aidez le pays en formant des jeunes'", a -t-elle développé.

Un dispositif d'activité partielle de longue durée

Dans un entretien accordé à 'Ouest-France' ce mardi, Muriel Pénicaud a également annoncé la mise en place d'"un dispositif d'activité partielle de longue durée pour préserver les emplois qui permettrait de bâtir des accords négociés dans une logique gagnant-gagnant : entreprises, salariés et Etat".

"En contrepartie d'un accord qui pourrait intégrer de la formation, une baisse du temps de travail et un engagement à ne pas licencier, l'Etat continuerait à prendre en charge une partie des salaires en chômage partiel", a-t-elle expliqué, ajoutant qu'"un accord de ce type vient d'être conclu dans la métallurgie" et que "ce type d'accord pourrait d'ailleurs être adapté à d'autres secteurs".

"J'espère que, d'ici la semaine prochaine il sera opérationnel", a-t-elle affirmé à 'BFM Business'. "Je crois qu'il y a beaucoup d'entreprises qui vont considérer ça plutôt qu'un plan de sauvegarde de l'emploi... Si on a de l'espérance raisonnable, il faut aller vers ce chômage partiel longue durée", a-t-elle estimé.

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