Le vol test de certification du Boeing 737 MAX peut-être "en début de semaine prochaine"

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Un 737 MAX à l'usine Boeing de Renton, le 11 mars 2019 dans l'Illinois
Un 737 MAX à l'usine Boeing de Renton, le 11 mars 2019 dans l'Illinois
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© AFP, STEPHEN BRASHEAR, Getty

AFP, publié le vendredi 26 juin 2020 à 22h23

Boeing pourrait franchir une étape cruciale la semaine prochaine pour la remise en service de son avion vedette, le 737 MAX, avec la tenue d'essais en vol en vue de sa certification attendus "dès le début de la semaine prochaine", selon deux sources proches du dossier.

"Nous devrions en savoir plus sur le calendrier plus tard aujourd'hui (vendredi) ou pendant le week-end", a indiqué à l'AFP une de ces sources, ayant requis l'anonymat.

Le 737 MAX est cloué au sol depuis le 13 mars 2019 après l'accident d'un exemplaire de la compagnie Ethiopian Airlines ayant fait 157 morts. Cette tragédie survenait quelques mois seulement après la catastrophe d'un MAX de Lion Air, qui a tué 189 personnes.

Les troublantes similitudes entre les deux accidents mortels, peu après le décollage, avec une incapacité des pilotes à reprendre la main sur l'avion, avaient conduit les autorités de sécurité aérienne du monde entier à interdire de vol toute la flotte, et ce, pour une durée indéterminée.

Depuis des mois, le géant aéronautique américain est à la peine pour remettre en service son moyen-courrier, dont les ventes constituaient avant cette crise sa principale source de revenus.

Le logiciel anti-décrochage MCAS a été mis en cause dans les deux accidents. Mais d'autres dysfonctionnements techniques, dont un concernant des câblages électriques, ont par la suite été détectés au cours des travaux de modifications de l'appareil, ralentissant le processus de recertification.

Depuis des semaines, l'avionneur attend le feu vert des autorités pour prouver avec les vols d'essai que les modifications réalisées apportent la sécurité maximale.

"L'équipe progresse vers des vols de certification FAA dans un avenir proche", a indiqué un porte-parole de la Federal Aviation Administration (FAA), le régulateur américain. 

Il a précisé que l'autorité examinait "actuellement la documentation de Boeing pour déterminer si l'entreprise a satisfait aux exigences requises pour passer à la prochaine étape de l'évaluation", c'est à dire les essais en vol. 

"Nous n'effectuerons les vols de certification qu'après avoir été satisfaits de ces données", a-t-il insisté.

Les autorités de l'aviation civile ne peuvent approuver la version modifiée de l'avion qu'après avoir scruté comment l'avion se comporte en vol. Ils examineront aussi les milliers de données collectées lors de ces vols.

Boeing escomptait il y a encore quelques mois une remise en service du MAX à la mi-2020, c'est-à-dire en juin. 

- Survie -

Mais la pandémie de Covid-19, qui a entraîné des restrictions de voyage et le confinement des travailleurs, est venue contrarier son calendrier.

Selon le Seattle Times, les autorités de sécurité aérienne européenne et canadienne auraient par ailleurs exigé "de nouvelles modifications substantielles du système de contrôle en vol".

"Pour autant, les régulateurs ont convenu que Boeing sera tenu d'apporter ces modifications de conception supplémentaires (...) uniquement après la remise en service du MAX", écrit le journal américain.

Interrogé par l'AFP sur ces informations, un porte-parole de Boeing a assuré que la sécurité était "la priorité absolue" du groupe.

"Nous nous engageons à répondre à toutes les questions des régulateurs et à répondre à toutes les exigences de certification et de réglementation", a-t-il ajouté.

Selon lui, lors de sa remise en service, le 737 MAX sera "l'un des avions les plus sûrs de tous les temps".

Pour Boeing, il y a urgence à faire revoler son avion pour s'extirper d'une crise historique.

Cet avion représente plus de deux tiers de son carnet de commandes. Il est donc central pour la survie à moyen terme du constructeur aéronautique qui, comme l'ensemble du transport aérien, souffre par ailleurs de la crise provoquée par le nouveau coronavirus.

Fin avril, il avait annoncé la suppression de 10% de ses effectifs, soit 16.000 emplois. S&P avait dégradé dans la foulée sa note de solidité financière de A- à BBB, la reléguant désormais à un cran de la catégorie spéculative.

Les correctifs supplémentaires exigées par les autorités étrangères pourraient ajouter des coûts substantiels au programme MAX. 

Ils pourraient aussi ralentir la montée en puissance des livraisons dont Boeing a besoin pour reconstituer sa trésorerie.

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