Le volailler Doux une nouvelle fois au bord du gouffre

Le volailler Doux une nouvelle fois au bord du gouffre
poulet volaille industrie abattoir

Boursier.com, publié le vendredi 23 mars 2018 à 19h45

La direction de Doux a annoncé vendredi aux délégués syndicaux qu'elle allait demander prochainement son placement en liquidation judiciaire. Selon les syndicats, le tribunal de Commerce de Rennes étudiera cette demande le 3 avril et rendra sa décision le lendemain, dans le cadre d'une procédure accélérée.

"La direction nous a annoncé son intention de demander la liquidation judiciaire avec une période de poursuite de l'activité en avril et en mai", a indiqué une source syndicale, à l'issue du CCE qui s'est tenu vendredi au siège du groupe à Châteaulin, dans le Finistère.

Le n-1 ukrainien du poulet propose une reprise partielle

Parallèlement, les négociations se poursuivent avec MHP, le premier producteur de produits avicoles ukrainien, qui est intéressé par une reprise partielle de la société française.

Doux, qui emploie actuellement 1.200 personnes, se bat pour sa survie depuis 2012, lorsque le groupe breton avait été placé en redressement judiciaire, et avait dû supprimer 1.000 postes. Depuis, le groupe fait l'objet d'un "plan de continuation", et a connu un retour à la croissance et la rentabilité fin 2014, ce qui lui a permis d'embaucher 200 salariés en 2015.

Grippe aviaire, euro fort, et concurrence brésilienne

Depuis, le spécialiste de l'exportation de poulets congelés vers le Moyen-Orient et l'Afrique, est cependant retombé dans le rouge, plombé par plusieurs facteurs négatifs. Les épidémies de grippe aviaire lui ont fermé certains marchés, la concurrence des producteurs brésiliens s'est accrue et la parité euro-dollar défavorable, en raison d'un euro fort, a réduit la compétitivité de la société française à l'exportation.

Doux avait annoncé en septembre dernier son intention d'engager une nouvelle stratégie, sous réserve de trouver des investisseurs pour un montant de 100 millions d'euros afin de réorienter son modèle économique.

28 mars, date limite pour l'offre ukrainienne

A ce sujet, le groupe a fait savoir vendredi aux syndicats que les discussions se poursuivaient avec le géant de la volaille ukrainien MHP, qui est intéressé par une reprise partielle de Doux. La date limite pour le dépôt d'une offre a été fixée à mercredi prochain, le 28 mars. Si MHP finalise son offre, celle-ci sera examinée par le tribunal de commerce de Rennes.

Si l'offre de reprise de MHP est retenue, elle pourrait prendre effet dès la mi-mai avec, à terme, la délocalisation de la production de poulets standards en Ukraine. MHP n'a pas l'intention de reprendre le site de Chantonnay (Vendée), qui emploie 300 personnes dont 150 intérimaires. Quant au site de Châteaulin, il serait repris, mais ne conserverait à terme que la production de poulets frais haut de gamme qui ne représente aujourd'hui qu'une toute petite partie de son activité, ont fait savoir les syndicats.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
9 commentaires - Le volailler Doux une nouvelle fois au bord du gouffre
  • avatar
    JON-DE-LIONNE -

    le 24 03 2018 à 16 25

    il faut dire aussi que les charges, les salaires, les impôts qui pèsent sur ceux qui bossent en France; ça devient insupportable
    parec dans les faits rien ne baisse , quand on diminue d'un côté c'est pan sur le bec de l'autre !
    Alors si l'état prend les entreprises pour des pigeons et volent dans les plumes des trésoreries, c'est son affaire. mais en tuant la poule aux oeufs d'or :.plus de poule au pot le dimanche pour les salariés.
    Les "ponctionneurs" en chef couvent du regard tous les oeufs qu'ils pourraient gober pour se nourrir ne comprenant plus que pour faire en sorte que d'autres poussins viennent au monde, le plus simple est encore de laisser se reproduire !

    On assassine les entreprises, on les plumes vivantes, on leur cloue le bec, on ergote sur les normes, sur les réglments, sur les codes, sur la pollution et sur et encore sûr et au final on ne retrouve plus que des contrôleurs qui mêem sans ne plus rien à avoir à contrôler sont toujours en fonction !

    regardez donc les services qui gravitent autour de la ferme France,...... et un coup les la MSA ( toujours autant de personnel malgré la baisse des effectifs chez les paysans et les suicides) les chambres d'agricultures toujours plus de budget ( plus de 800 millions par an de la part de l'état)et de personnel pour de moins en moins de paysan, et les DSV et les... et les....et puis aussi ...et sans oublier....

    Alors comment voulez vous que le poulet français soit autre chose que grillé en terme de filière ?

    Pour illustrer le propos, prenez l'exemple du pain et le prix du blé est mondial
    Au Maroc avec un " SMIC" à 250 € on s'achète 2500 baguettes de pain
    En France avec 1500 € on s'achète 1500 baguette de pain..

    A qui profite donc la différence, au boulanger ?, à la boulangerie, certes pas mais bel et bien à ceux qui tentent de se faire oublier et qui pompent taxes et impôts à tous les étages.

    avatar
    philipppe -

    1 milliard d'euros de subventions publics en 15 ans ???? ou est ce passé ????

  • avatar
    Artmorik -

    Les volailles à bas couts - bourrées de médocs - vendues pas cher aux importateurs français qui dispatchent vers d'autres industriels genre KFC , et autres

  • avatar
    MV8896 -

    problème récurrent : élevages en batterie = mauvaise bouffe = réveil des consommateurs à plus ou moins longue échéance.......

  • avatar
    pajopi -

    Il faudrait aussi connaître le pourquoi de cette faillite, tout le monde a le droit de savoir, mauvaise gestion, marché mal estimé, etc...2ème fois, il n'y a pas de fumée sans feu.

  • avatar
    pigeonxxl38 -

    aucune importance depuis longtemps je ne consomme plus aucune bidoche et je m'en porte doucement bien ......