Léger coup de frein pour le moral des patrons de PME

Léger coup de frein pour le moral des patrons de PME
bureau entreprise

Boursier.com, publié le mercredi 20 mars 2019 à 19h32

Leur confiance a légèrement reculé au mois de mars, mais se situe toujours bien au-dessus du creux enregistré en 2017.

Le moral des dirigeants de PME et d'entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises a fait une pause en mars après son rebond du mois de février, selon l'observatoire OpinionWay-Banque Palatine à paraître jeudi dans 'Challenges'.

La proportion de patrons de PME et ETI se déclarant confiants pour les perspectives à six mois de l'économie française est restée stable en mars, à 63%. Elle se maintient donc bien au-dessus du creux à 50% - plus bas depuis l'élection d'Emmanuel Macron en mai 2017 - touché en janvier après six mois consécutifs de recul. En mars, leur niveau de confiance sur l'économie mondiale, qui avait lui aussi bondi de 13 points en février, a cédé un point, à 65%.

Même si ces chiffres restent nettement en deçà des records enregistrés lors du premier semestre 2018, ils reflètent des niveaux de confiance toujours solides.

Optimisme

Le degré d'optimisme des dirigeants de PME et ETI sur leur propre activité, également en hausse sur les deux premiers mois de l'année après avoir touché en décembre un plus bas depuis novembre 2016, s'est quant à lui infléchi de trois points en mars, tout en se maintenant à un niveau élevé, à 81%.

En recul d'un point à 119, l'indice synthétisant les perspectives d'investissement des PME et ETI confirme son embellie à l'oeuvre depuis le début 2019, alors qu'il avait fini 2018 à un plus bas depuis le début du quinquennat. Au total, 71% des dirigeants jugent la période propice aux investissements.

Prudence pour l'emploi

La prudence est en revanche de mise sur les perspectives d'activité et en matière d'emploi. Plus de la moitié des patrons de PME et ETI (56%) anticipent une stabilité de leur chiffre d'affaires (un record depuis février 2015) et plus des trois quarts d'entre eux (77%) n'envisagent aucun recrutement au cours des six prochains mois.

Pour Pierre-Yves Dréan, directeur général de la Banque Palatine, cité dans un communiqué, le paradoxe entre l'amélioration du ressenti sur la conjoncture économique et les perspectives attentistes pour la croissance et les embauches trouve sa racine dans le contexte politique actuel.

"Les incertitudes autour des suites politiques données au 'grand débat' en France, celles sur les conséquences du Brexit en Europe et les interrogations sur les résultats des prochaines élections européennes des 23-26 mai se cumulent et créent le sentiment d'un environnement encore trop peu lisible", observe-t-il. Selon lui, "le passage de ces trois échéances devrait éclaircir l'horizon et conduire les dirigeants des PME-ETI à traduire leur regain de confiance de début d'année en investissements et emplois."

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