Les agriculteurs vont bloquer 13 raffineries et dépôts de carburants à partir du 10 juin

Les agriculteurs vont bloquer 13 raffineries et dépôts de carburants à partir du 10 juin
Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, à Paris, le 19 août 2011

AFP, publié le mercredi 06 juin 2018 à 20h50

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont annoncé le blocage à partir du 10 juin de 13 raffineries et dépôts de carburants à travers la France, pour dénoncer les "contradictions" d'un gouvernement qui exige des agriculteurs des normes qu'il n'impose pas aux importations de matières premières.

A partir du 10 juin au soir et jusqu'au 13, treize raffineries et dépôts de carburant seront bloqués à travers toute la France "pour dénoncer les contradictions du gouvernement sur les accords internationaux et les négociations bilatérales qui autorisent des contingents d'importation complémentaires qui viennent déstabiliser l'ensemble des filières", a indiqué à l'AFP Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA. 

Des sites seront bloqués à Donges (Loire-Atlantique), Gonfreville l'Orcher (Seine-Maritime), Dunkerque (Nord), Coignières (Yvelines), Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Grandpuits (Seine-et-Marne), Vatry (Marne), Strasbourg, Cournon (Puy-de-Dôme), Lyon et Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du-Rhône) et Toulouse.

"L'huile de palme est ce qui a fait déborder le vase, alors que la filière oléoprotéagineuse française a la capacité de répondre aux besoins des groupes pétroliers", a expliqué M. Despey.

"Non content d'en avoir dans le Nutella, maintenant ce sont 400.000 tonnes d'huile de palme qui vont venir dans les raffineries, donc dans nos voitures", avait déclaré la semaine passée la présidente du syndicat Christiane Lambert. 

Le groupe pétrolier français Total a été récemment autorisé par l'Etat à exploiter une bio-raffinerie à La Mède, fonctionnant à l'huile de palme, à la place de sa raffinerie et de sauver ainsi 450 emplois.

Mais l'huile de palme n'est pas seule en cause et M. Despey liste les "165.000 tonnes de viande bovine, 95.000 tonnes de viande porcine, 100.000 tonnes de volaille, ou encore 600.000 tonnes d'éthanol introduites dans le marché commun avec des distorsions sanitaires et environnementales".

"Ce que nous demandons au gouvernement, c'est qu'avant l'application de toute nouvelle norme, le Corena (Comité de rénovation des normes en agriculture) puisse faire une expertise économique et sociale", a indiqué M. Despey. Il demande également que soit réintroduit dans la loi Alimentation, examinée la semaine prochaine par le Sénat, un amendement sur l'interdiction d'importer toute denrée produite en utilisant des substances phytosanitaires interdites dans l'Union européenne, même à doses résiduelles.

"En visant les raffineries, c'est le gouvernement que nous visons: lieux stratégiques pour l'Etat, elles symbolisent les distorsions de concurrence dont nous sommes victimes. La région parisienne ne sera pas épargnée. Paris sans carburant sera le symbole de la vision +macroniste+ d'une agriculture sans paysan", a indiqué pour sa part la fédération départementale d'Ile de France de la FNSEA.

Les branches de la FNSEA qui réunissent les éleveurs de bovins (FNB), porcins (FNP) et laitiers (FNPL) ont également fait part de leur participation aux blocages à l'appel de la FNSEA et des JA.

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