Les banques italiennes en berne face à l'arrivée au pouvoir des populistes

Les banques italiennes en berne face à l'arrivée au pouvoir des populistes
La Monte Dei Paschi di Siena (BMPS) est la plus ancienne banque du monde

AFP, publié le jeudi 17 mai 2018 à 18h57

La probable arrivée d'un gouvernement populiste en Italie a rendu fébriles les valeurs bancaires jeudi à la Bourse de Milan, en particulier la BMPS, contrôlée par l'Etat et dont la Ligue et le M5S envisagent de "redéfinir la mission".

Les banques italiennes ont été dans la tourmente ces deux dernières années, suscitant une vive inquiétude sur les marchés financiers, mais la situation s'était apaisée il y a plusieurs mois, grâce à la série de mesures qu'elles ont prises pour se renforcer.

Mais la possible formation d'un gouvernement réunissant le Mouvement 5 étoiles (antisystème) et la Ligue (extrême droite) suscite des craintes sur le plan économique, notamment sur la question de la dette et sur le front des banques.

La Monte dei Paschi di Siena (BMPS), qui a bénéficié l'an passé d'un sauvetage public et est détenue désormais à 68,2% par le ministère des Finances, concentre l'attention.

Concernant la BMPS, "l'Etat actionnaire doit procéder à la redéfinition de la mission et des objectifs de l'institut de crédit dans une optique de service", peut-on lire, sans aucune autre précision, dans l'ébauche de contrat de gouvernement.

En réaction, le titre a fini en recul de 8,86%, après avoir perdu un temps plus de 10%.

Dans sa foulée, Ubi Banca a perdu 2,7%, UniCredit 1,86%, Banco BPM 1,13%, Mediobanca 0,86% et Intesa Sanpaolo 0,79%.

Dans leur ébauche de contrat, la Ligue et le M5S jugent nécessaire de "responsabiliser davantage tant le management que les autorités de contrôle" des banques, y compris en appliquant des peines pour faillites frauduleuses.

Les deux partis, qui sont hostiles à ce que les épargnants soient mis à contribution si une banque connaît des difficultés, comme cela a été le cas pour plusieurs établissements italiens, demandent que ces épargnants obtiennent des compensations.

"On n'est pas dans un mouvement de panique. Mais ce qui n'est pas bon pour le pays n'est pas bon pour les banques", a déclaré à l'AFP Nicolas Veron, un analyste au Bruegel Institute de Bruxelles, considérant la réaction des marchés "très mesurée par rapport à l'ébauche de programme et aux déclarations".

Les banques étaient en berne alors que le spread - l'écart très regardé en Italie entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans - se tendait de deux points, pour atteindre 153 points, après avoir déjà grimpé de 20 la veille.

Selon M. Veron, "il n'est pas étonnant qu'il y ait une porosité entre les mouvements sur les titres souverains et les actions bancaires".

Les banques italiennes détiennent plus de 20% de la dette italienne, rappelle en effet Michael Hewson, un analyste chez CMC Markets UK.

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