Les cheminots dans la rue pour montrer leur "détermination" avant Matignon

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Des cheminots manifestent devant l'Ecole militaire à Paris, le 3 mai 2018
Des cheminots manifestent devant l'Ecole militaire à Paris, le 3 mai 2018
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© AFP, JACQUES DEMARTHON

AFP, publié le jeudi 03 mai 2018 à 20h57

Le gouvernement "est déterminé, mais nous aussi": les cheminots sont descendus dans la rue jeudi pour montrer au gouvernement qu'ils "ne faiblissaient pas", quatre jours avant d'être reçus par Édouard Philippe à Matignon.

Des rassemblements ont eu lieu à Lille, Metz, Toulouse ou encore Lyon. A Paris, plusieurs centaines de cheminots -- rejoints par des étudiants, enseignants, électriciens, gaziers, postiers... - se sont réunis devant l'Ecole militaire.

Parmi eux, Frédéric Pavé, un syndiqué CGT travaillant sur les voies à Corbeil-Essonnes (Essonne) : "On est là pour maintenir la pression sur le gouvernement, pour avoir de vraies négociations". Le Premier ministre "est déterminé, mais nous aussi".

Les rencontres bilatérales entre Edouard Philippe et les fédérations CGT, Unsa, SUD, CFDT et FO, "ce n'est que de la communication", a pesté David, agent commercial à Massy-Palaiseau (Essonne). "Quand les cheminots se rendront compte le 7 (mai) qu'ils ont un mur devant eux, ça va les énerver", a prédit cet adhérent SUD-rail.

Au micro, les responsables syndicaux ont pris la parole pour dire, à l'instar de Laurent Brun (CGT-Cheminots), que "non, les cheminots ne faiblissaient pas" et qu'ils "ne lâcheraient rien". "La méthode du gouvernement aujourd'hui n'est pas celle de la CFDT", a ajouté Didier Aubert en vantant une "unité d'action".

Un faux chèque d'un million d'euros leur a été remis symboliquement par Jean-Marc Salmon, à l'origine de la cagnotte de soutien lancée par une trentaine d'artistes et intellectuels. "Votre grève soulève de grands espoirs dans le pays", a dit le sociologue.

Jeudi matin, 18,15% des agents SNCF étaient en grève, contre 17,87% le 24 avril (précédente journée de grève en semaine), selon la direction.

Les conducteurs et aiguilleurs, en grève à 56,7% et 24,74% respectivement, sont cependant moins mobilisés qu'à cette date. 

Même s'il y a "des hauts et des bas", la grève est "installée" et "se maintient à un haut niveau", a commenté le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Le trafic reste perturbé avec un TGV et un Transilien sur deux, un Intercité sur trois, deux TER sur cinq. En Ile-de-France, seule la moitié des trains est prévue sur les très fréquentés RER A et B. Les prévisions sont identiques pour vendredi.

- Reprise de dette -

Dans les airs, le trafic est aussi ralenti chez Air France, mais moins que lors des onze journées de grève précédentes. La compagnie assure près de 85% des vols (contre 70 à 75% précédemment), en raison d'une mobilisation plus faible des pilotes.

Comme à la SNCF, cette nouvelle séquence de grève se poursuivra vendredi, jour où la direction d'Air France fera connaître le résultat de sa consultation sur son projet d'accord salarial. Deux autres journées de grève sont annoncées les 7 et 8 mai. 

La prochaine séquence de grève à la SNCF aura lieu les 8 et 9 mai.

Édouard Philippe, accueilli jeudi à Bourges par une petite trentaine de militants CGT et quelques huées, a répété mercredi qu'il y avait "trois principes non négociables: l'ouverture à la concurrence, la fin du recrutement au statut, la réorganisation de l'entreprise".

Or, c'est précisément sur ces thèmes que les cheminots souhaitent un geste.

Avec les syndicats du rail et leurs confédérations, le Premier ministre entend "discuter" de la convention collective du ferroviaire, du projet d'entreprise de la SNCF et de la dette de SNCF Réseau, dont l'État s'est engagé à reprendre une partie "substantielle".

Un rassemblement est prévu lundi à 10H30 place Vauban à Paris, à l'initiative de SUD-rail. Et les syndicats promettent déjà d'organiser une "journée sans cheminots" le 14 mai s'ils ne sont pas entendus.

Le gouvernement fait face à divers mouvements sociaux qui peinent à s'agréger, malgré les tentatives de partis de gauche et de syndicats.

L'union Solidaires organise, jeudi soir gare du Nord à Paris, un "meeting des secteurs en lutte", notamment ceux "du rail, des finances publiques, des universités, des hôpitaux, des PTT, d'Air France, de Vélib, de l'éducation", en présence d'associations de chômeurs et de "zadistes".

Dans le même esprit, une "manifestation pot-au-feu" se tiendra samedi entre Opéra et Bastille pour faire la "Fête à Macron", un an après son arrivée à l'Élysée, à l'initiative du député LFI François Ruffin et des instigateurs du mouvement "Nuit debout".

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