Les discriminations liées au physique pèsent sur les salariés

Les discriminations liées au physique pèsent sur les salariés
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Boursier.com, publié le mardi 15 octobre 2019 à 14h25

L'apparence physique est le deuxième critère de discrimination cité par les demandeurs d'emploi quand ils postulent, rappelle le Défenseur des droits.

Des candidats trop gros, trop petits, habillés de manière extravagante, avec des tatouages ou des piercings... L'apparence physique est le deuxième critère de discrimination cité par les demandeurs d'emploi quand ils postulent, selon un baromètre publié en 2016 par le Défenseur des droits. Ainsi, 29% des femmes et 20% des hommes auraient été confrontés au problème.

"Pourtant, le sujet semble peu porté et le contentieux est très faible", observe le Défenseur, expliquant qu'il est difficile pour les victimes de discrimination d'apporter des éléments probants, mais aussi que "dans leur esprit comme dans celui des recruteurs la prise en compte de l'apparence physique reste trop souvent tolérée".

L'importance du "look"

Selon un sondage TNS-Sofres réalisé pour le Medef en 2018, le "look" (à 70% quand on est en contact avec la clientèle, à 45% quand on ne l'est pas), la beauté (43%/28%), le poids (43%/24%) sont considérés comme importants en matière professionnelle, davantage même que la couleur de la peau (29%/23%).

Et toujours selon ce sondage, cet aspect ne vaut pas que pour l'embauche : 18% des personnes interrogées craignent d'être discriminées pour leur apparence physique dans l'entreprise où elles travaillent et 13% estiment que l'apparence physique va jusqu'à perturber l'ambiance de travail.

Les salariés beaux sont mieux payés

Autre constat rappelé par le Défenseur des droits : selon plusieurs études, les salariés jugés "beaux" perçoivent des salaires en moyenne 12% plus élevés que la moyenne, tandis que les salariés au physique jugé disgracieux perçoivent des salaires en moyenne de 11 à 15% inférieurs. "De nombreux travaux mettent également en évidence la dimension genrée de cette forme de discrimination: les femmes la subissent davantage que les hommes", indique le Défenseur.

Pour rappeler aux employeurs, mais aussi aux salariés, les droits et et les règles à suivre, le Défenseur des droits a donc décidé de publier une décision-cadre relative aux discriminations dans l'emploi fondées sur l'apparence physique. L'occasion de rappeler par exemple que le règlement intérieur, le contrat de travail ou une note de service doivent rappeler ce qu'il n'est pas possible de porter et que les employés doivent s'y conformer.

De leur côté, les employeurs doivent mettre en place des outils de prévention (formation des managers, sensibilisation, dispositifs d'alerte) afin d'empêcher toute forme de discrimination et de harcèlement fondés sur l'apparence physique au sein du collectif de travail. "De tels comportements doivent être sanctionnés de manière effective et dissuasive", peut-on lire dans ce document.

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