Les entreprises n'ont pas le droit de dépister leurs salariés, prévient Pénicaud

Les entreprises n'ont pas le droit de dépister leurs salariés, prévient Pénicaud
La ministre du Travail Muriel Pénicaud, le 1er avril 2020 à Paris

AFP, publié le lundi 04 mai 2020 à 20h36

Les entreprises ne sont pas autorisées à mener des campagnes de dépistage du coronavirus auprès de leurs salariés, comme certaines prévoyaient de le faire, a souligné lundi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

"Il est interdit de faire des campagnes généralisées de dépistage en entreprise", a déclaré Mme Pénicaud sur Franceinfo.

Le "protocole national de déconfinement", publié dimanche par le ministère du Travail pour guider les entreprises dans leur reprise d'activité, rappelle "qu'à l'heure actuelle, seuls les tests virologiques RT-PCR sur prélèvement naso-pharyngés sont fiables pour confirmer le diagnostic de COVID-19". 

"La réalisation de ces prélèvements sur prescription médicale est douloureuse, complexe logistiquement (équipements de protection et parcours des données patient) et doit être réalisée par des professionnels formés. En conséquence, à ce stade, aucune organisation par les employeurs de prélèvements en vue d'un dépistage virologique ne saurait s'inscrire dans la stratégie nationale de dépistage", stipule-t-il.

Les entreprises qui, comme le leader mondial du traitement de l'eau et des déchets Veolia, avaient annoncé vouloir tester leurs salariés, devront donc y renoncer.

Mme Pénicaud a aussi rappelé que l'entreprise n'a pas à connaître la situation médicale du salarié. "Il y a le secret médical. Le médecin du travail peut la connaître si le salarié lui en parle, mais il est soumis au secret", a indiqué Mme Pénicaud.

Elle a expliqué également que "le salarié a le droit de refuser" que l'on prenne sa température à l'entrée de l'entreprise car "c'est une intrusion sur le domaine de la santé". 

La prise de température en entreprise n'est de toute façon pas recommandée par le protocole parce qu'une absence de température "ne signifie pas une absence de Covid", a rappelé la ministre.

Chez Veolia, on indique que plusieurs milliers de salariés ont déjà été dépistés depuis une dizaine de jours, à la fois en tests PCR et sérologiques (recherche d'anticorps), tous sur la base du volontariat.

"On accueille avec stupéfaction ces recommandations, dont tous les arguments sont erronés", souligne un porte-parole, qu'il s'agisse de la douleur, du respect des données (le salarié étant seul informé du résultat) ou de la prise en charge des tests (réalisés par un laboratoire spécialisé).

"Nos salariés sont tous les jours en contact avec les ordures, les camions, les usagers... Depuis deux mois, ils ont toujours été là! Avec ces tests, on les rassure, certains viennent même les faire sur leur temps de repos!", explique Jérôme Amar, directeur du territoire Paris-Seine chez Veolia Recyclage et déchets.

"Mon travail est de préserver leur santé. Et ça ne coûte rien à l'Etat, ça coûte à l'entreprise. Qu'on nous laisse travailler tranquilles!", a-t-il ajouté, relevant que d'autres batteries de tests sont encore programmés cette semaine.

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