Les escroqueries financières ont coûté un milliard d'euros aux Français en deux ans

Les escroqueries financières ont coûté un milliard d'euros aux Français en deux ans
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Boursier.com, publié le mercredi 18 septembre 2019 à 10h33

Alors que placer son argent sur un livret A ou une assurance-vie rapporte peu actuellement, la tentation est grande pour les épargnants d'investir dans des produits plus alléchants.

Une "industrialisation du phénomène"... Les offres d'investissement ou de crédit frauduleuses ont coûté un milliard d'euros aux épargnants entre le 1er juillet 2017 et le 30 juin 2019. Majoritairement concentrées sur le Forex et le crédit jusqu'au début 2016, les arnaques se sont déplacées sur les livrets d'épargne et sur de nouveaux supports, surfant sur les tendances du moment comme le diamant, les crypto-actifs, les forêts, le vin ou encore les cheptels, décryptent le Parquet de Paris, les régulateurs boursiers (AMF) et la banque assurance (ACPR), qui ont décidé de se mobiliser.

Alors que placer son argent sur un livret A ou une assurance-vie rapporte peu actuellement, la tentation est grande pour les épargnants d'investir dans des produits plus alléchants. "Dans ce contexte, des placements sur le Forex, les diamants, les terres rares, le bitcoin, les vins et grands crus, les vaches ou cheptels, ainsi que des livrets d'épargne peuvent être proposés par des sites particulièrement bien documentés et présentant une apparence de sérieux", peut-on lire dans un communiqué.

Manipulation

Le Parquet de Paris note qu'il est facile de se faire manipuler. "Les produits proposés semblent d'autant plus fiables que les sites internet apparaissent très professionnels et que l'investisseur se voit ouvrir un compte personnel sur internet lui permettant de suivre de manière individualisée et à grand renfort de statistiques présentées sous forme de courbes et de diagrammes, l'évolution de son placement", explique-t-il.

La méthode semble bien rodée : après un premier succès grâce à son nouveau placement, l'investisseur, désormais en confiance, décide de miser une somme plus importante... Les "pseudo-conseillers" sont rodés et savent encourager la prise de risque. Problème : au moment de récupérer tout ou partie des sommes versées, un nouveau versement correspondant à des 'frais divers' (de garde, de douanes, de déblocage, etc...) est demandé. "Les conseillers ne sont, dès-lors, plus joignables aux numéros de téléphone habituellement utilisés et les victimes n'ont plus accès à leurs investissements, découvrant que leurs versements n'ont d'ailleurs jamais été investis", résument le parquet, l'AMF et l'ACPR.

Les seniors plus touchés

Le portrait-robot montre que toutes les catégories d'âge sont touchées, mais que les plus de 50 ans représentent plus de 65% des victimes d'escroqueries et 81% de l'ensemble des sommes perdues, la tranche d'âge la plus impactée étant celle des 60-69 ans. Si les retraités sont les plus touchés (48,2% des montants investis), toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées.

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