Les Etats-Unis ferment leurs frontières à l'Europe, une catastrophe pour le tourisme ?

Les Etats-Unis ferment leurs frontières à l'Europe, une catastrophe pour le tourisme ?
New York Manhattan

Boursier.com, publié le jeudi 12 mars 2020 à 12h23

La décision de Washington de suspendre les vols est un énorme coup dur pour le secteur.

"C'est du jamais vu. C'est extrêmement inquiétant", a réagi Didier Arino, le directeur général du cabinet Protourisme sur franceinfo, quelques heures après la décision de Donald Trump de fermer les frontières des Etats-Unis aux Européens, à l'exception du Royaume-Uni.

"Le tourisme aux États-Unis c'est près de 200 milliards de dollars de retombées économiques, c'est trois fois et demie les recettes que nous avons en France des clientèles étrangères", a expliqué Didier Arino.

"Les États-Unis, à eux seuls en termes de recettes du tourisme des étrangers dans leur pays, c'est beaucoup plus que la France, l'Espagne et l'Italie, qui sont trois des cinq pays avec la plus forte fréquentation dans le monde au niveau du tourisme", a-t-il poursuivi.

Les flux s'écroulent

La France, l'Espagne, la Chine, les États-Unis et l'Italie sont les cinq premiers pays dans le monde en termes de flux touristique. Et ce sont aussi les cinq pays les plus touchés par le virus, avec une très forte diminution des flux. Des centaines de milliers d'emplois vont donc touchés, estime le patron de Protourisme.

Et la France devrait particulièrement accuser le coup. "Le tourisme en France, c'est 2 millions entre les emplois salariés et les emplois non-salariés. En Île-de-France, quasiment un emploi sur quatre, un emploi sur cinq est lié au tourisme, à la chaîne touristique. Que ce soit au niveau des transports, au niveau de l'hébergement, de la restauration, des réceptifs", a expliqué Didier Arino.

Les valeurs au tapis

La décision de Washington est un énorme coup dur pour les compagnies aériennes, autant européennes qu'américaines d'ailleurs, dans la mesure où l'axe transatlantique est un des plus lucratifs pour le secteur. Incotable à l'ouverture, Air France KLM décroche de 8,8% à 4,45 euros. Ailleurs en Europe, Lufthansa chute de 10% alors qu'IAG s'effondre de 11%.

D'autres valeurs de l'industrie touristique sont particulièrement chahutées à Paris à l'image d'Accor qui plonge de 10%, de Groupe ADP qui trébuche de 9,5% ou d'Europcar qui perd 20%. Une liste loin d'être exhaustive.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.