Les exploitations bio plus solides financièrement

Les exploitations bio plus solides financièrement
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Boursier.com, publié le mardi 12 décembre 2017 à 17h13

Le marché des produits bio poursuit son envolée en France, et devrait afficher en 2017 une croissance de près de 14%, soit un chiffre d'affaires de plus de 8 milliards d'euros, selon les estimations publiées mardi par Coface. "Malgré son poids encore modeste (3,5% en 2016) dans le marché agroalimentaire, la consommation de produits bio ne cesse de progresser (69% des Français en ont consommé au moins une fois par mois en 2016, +25 points depuis 2012)", rappelle l'assureur-crédit dans une étude. Ils sont 15% à en avoir consommé quotidiennement en 2016, soit un bon de 7 points par rapport à 2012, selon des données de l'Agence Bio et de CSA.

Des entreprises plus solides

Coface observe que les exploitations bio sont financièrement solides. L'assureur crédit observe qu'elles ont été moins sujettes aux défaillances d'entreprise sur la période 2012-2016, alors que dans l'ensemble du secteur ces dernières ont progressé de +4,9% par an. D'après les auteurs de l'étude, "une augmentation de +10% de la part du bio dans la production totale d'une filière est associée à une baisse de -11% des défaillances d'entreprise".

Ils constatent une baisse des défaillances dans les filières fruits et vigne et une hausse inférieure ou avoisinant la moyenne chez les apiculteurs et dans la filière des ovins et caprins. A l'inverse, la viande porcine (part de 0,9% / hausse de +18,8%), les grandes cultures (part de 2,1% / hausse de +12%) et la volaille (part de 1,4%-hausse de +9,5%), moins concernées par le mode de production bio, ont enregistré une hausse plus importante des défaillances.

Comment changer d'échelle

Le bio peut-il changer d'échelle en France ?, s'interroge Coface. Sa part dans la surface agricole utile totale reste modeste (6,5% au premier semestre 2017) et inférieure à la moyenne européenne, loin derrière l'Autriche, la Suède, l'Estonie, l'Italie et la République tchèque. "Le recours à l'innovation pour aller vers une agriculture de précision (utilisation de capteurs, simplification  de la logistique) et l'augmentation de la taille des exploitations peuvent y contribuer", estime l'assureur-crédit.

"La volonté d'une partie des agriculteurs bio français de conserver une taille "humaine" en opposition à une agriculture conventionnelle, dite "intensive", sera mise au défi face à une tendance inévitable à l'agrandissement des exploitations et à la concentration du secteur de la distribution bio", relèvent les auteurs de cette étude. Ils mettent en avant la puissance des grands groupes français de la distribution, avec une part de marché qui reste élevée à 45% (- 4 points depuis 2011), contre 30% (+5) pour les distributeurs spécialisés en réseau.

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