Les femmes polonaises investissent massivement les rues contre l'intérdiction d'IVG

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Des manifestantes, opposées à l'interdiction quasi-totale de l'avortement, bloquent le centre de Varsovie, le 26 octobre 2020 en Polone
Des manifestantes, opposées à l'interdiction quasi-totale de l'avortement, bloquent le centre de Varsovie, le 26 octobre 2020 en Polone
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© AFP, Wojtek RADWANSKI

AFP, publié le mercredi 28 octobre 2020 à 15h20

Les femmes sont à nouveau descendues massivement dans la rue dans toute la Pologne mercredi, le jour prévu pour leur grève nationale, contre une décision de justice imposant une interdiction quasi totale de l'avortement dans ce pays.

Malgré les restrictions dues au coronavirus, des manifestations se tiennent depuis sept jours dans les grandes villes, mais aussi dans une multitude de petites villes traditionnellement conservatrices, selon les images des médias.

A Varsovie, des manifestants se sont rassemblés devant le siège d'une organisation de juristes ultra-catholiques, Ordo Iuris, à l'origine de plusieurs initiatives visant l'interdiction totale de l'IVG, avant de se diriger vers le siège de la télévision publique TVP, considérée comme le principal organe de propagande du pouvoir conservateur. 

La semaine dernière, le Tribunal constitutionnel, réformé par le PiS et se conformant à ses souhaits, a proscrit l'IVG en cas de malformation grave du foetus, statuant qu'elle est "incompatible" avec la Constitution.

La loi sur l'avortement en vigueur en Pologne était déjà l'une des plus restrictives en Europe.

Le Tribunal a de facto limité le droit à l'IVG aux seuls cas de danger de mort pour la femme enceinte et de grossesses résultant d'un viol ou d'un inceste.

A la suite de cette décision, les manifestants, pour la plupart des jeunes, ont pris pour cible les églises, dont ils ont tagué les murs avec des slogans tels que "L'enfer des femmes", "C'est la guerre", ou perturbé les messes dominicales, actions sans précédent dans ce pays à majorité catholique. 

Ils ont également bloqué pendant des heures le trafic dans des dizaines de villes polonaise. 

Mardi, le chef du parti ultra-catholique nationaliste Droit et Justice (PiS, au pouvoir), Jaroslaw Kaczynski, a dénoncé des "tentatives de détruire" le pays et appelé ses partisans à "défendre les églises" contre les manifestants favorables à l'avortement, alors que le Premier ministre Mateusz Morawiecki a exhorté à mettre fin à "la barbarie" des manifestations de colère contre ce jugement.

Selon un sondage publié mercredi par le portail Onet.pl, 66% des Polonais désapprouvent le verdict du Tribunal constitutionnel, alors que 69% d'entre eux souhaitent un référendum concernant le droit à l'avortement.

Il y a moins de 2.000 avortements légaux par an en Pologne et la grande majorité d'entre eux sont effectués à cause de foetus malformés. Mais les groupes féministes estiment que plus de 200.000 IVG sont réalisées illégalement ou à l'étranger, chaque année.

Vendredi, une grande manifestation est prévue à Varsovie.

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