Les Français de plus en plus nombreux à changer de banque

Les Français de plus en plus nombreux à changer de banque
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Boursier.com, publié le jeudi 09 juillet 2020 à 19h32

Selon une récente étude de Bain & Company, ce sont les banques en ligne et les néobanques qui profitent le plus de la mobilité bancaire, au détriment des banques mutualistes et commerciales traditionnelles...

Les Français sont de plus en plus infidèles à leur banquier !... Selon une étude annuelle menée par le cabinet Bain & Company, la mobilité bancaire a de nouveau progressé en 2019 : 5,5% des Français disent avoir changé de banque principale l'an dernier. Si le taux global peut paraître modeste, le phénomène est en constante augmentation ces dernières années (4,8% en 2018, 4,3% en 2016 et 2,5 en 2014).

L'attribution bancaire, que le cabinet définit comme le pourcentage de clients ayant quitté l'établissement qui héberge le compte servant à leurs dépenses quotidiennes (paiements par carte, versement du salaire, prélèvement des factures, etc.), "augmente en particulier chez les clients de demain, à savoir le segment des plus jeunes, ainsi que chez les plus aisés".

Dans le détail, le taux de perte de clients, lissé sur trois ans, est de seulement 1,2% chez les 65 ans contre 8,4% chez les 18-24 ans. Dans les foyers dont les revenus annuels bruts sont d'au moins 80.000 euros, il atteint 9,9%. Quand ils sont inférieurs à 20.000 euros, le taux est de 3,6%...

Les banques traditionnelles, grandes perdantes

Les premières à pâtir de la mobilité bancaire sont sans surprise les banques traditionnelles, dans un contexte d'accélération des usages digitaux.

"Le fait que l'attrition augmente plus vite chez les jeunes, qui sont les clients bancaires de demain, mais aussi chez les plus aisés, est un signe que la situation doit être prise au sérieux par les banques traditionnelles", affirme Julien Bet, associé du pôle Services Financiers de Bain & Company et co-auteur de l'étude.

Les banques mutualistes (Caisses d'Epargne Banques Populaires, Crédit Agricole...) affichent une perte annuelle de 0,4% de clients en banque principale, et de 1,4% pour les banques commerciales (Société Générale, BNP Paribas). A l'inverse, les banques en ligne (Boursorama, Hello Bank...) et les néobanques (N26, Revolut...) affichent un gain annuel de 11% de clients en banque principale.

A noter que les banques traditionnelles gardent encore "un vrai territoire de légitimité" lorsqu'il s'agit d'épargne, "avec un enjeu de réinvention confirmé par les conséquences de la crise du Covid-19".

Le confinement, accélérateur des usages digitaux

L'étude souligne d'ailleurs que la crise sanitaire a accéléré les usages des canaux numériques. Selon les résultats de l'étude, dont une partie a été réalisée avant le confinement et l'autres après, un client sur deux a utilisé des outils digitaux pour souscrire son dernier produit bancaire, alors que ce ratio devait être atteint en 2024 sur la trajectoire d'avant-crise.

Même avant la crise sanitaire provoquée par la pandémie de coronavirus, plus de 50% des clients étaient déjà prêts à "une expérience 100% digitale sous réserve que cette dernière soit plus aboutie", selon le cabinet.

"Dans un moment qui s'annonce charnière pour les banques, il est essentiel pour les banques traditionnelles d'investir dans la réinvention de l'offre d'épargne et d'asseoir ainsi un positionnement de Tiers de confiance", estime Ada Di Marzo, responsable du bureau de Bain à Paris et co-autrice de l'étude...

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