Les infirmiers en grève contre le mépris du gouvernement

Les infirmiers en grève contre le mépris du gouvernement©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 20 novembre 2018 à 14h25

Les organisations syndicales du personnel infirmier manifestent mardi pour dénoncer le "mépris" du gouvernement face à la profession. Dans leur ligne de mire : la réforme de la Santé, qui sous-estime selon elles les compétences et le rôle des infirmières.

"Face aux grands défis du vieillissement de la population et de l'explosion des maladies chroniques (...), les infirmiers, toutes modalités d'exercice confondues, attendaient de la stratégie de transformation du système de santé des mesures structurelles susceptibles d'y répondre", peut-on lire dans un communiqué commun à 13 organisations syndicales.

"La présentation du Plan Santé 2022 par le président de la République, le 18 septembre dernier, a balayé tous leurs espoirs", ajoutent-elles en précisant que "ce plan ne donne aucun moyen aux infirmiers pourtant en première ligne pour relever ces défis".

Des hôpitaux à bout de souffle

Ce plan de 3,4 milliards d'euros doit permettre, selon le gouvernement, de désengorger des hôpitaux à bout de souffle, d'améliorer l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire et d'adapter le système au vieillissement et aux maladies chroniques.

Il prévoit, entre autres, la création de 4.000 postes d'assistants médicaux destinés à décharger les médecins libéraux pour effectuer, par exemple, des tâches administratives.

"Provocation"

Pour le personnel infirmier, qui réclame une revalorisation des compétences de la profession depuis des années, l'annonce a été perçue comme une "véritable provocation". "Il aurait été plus cohérent de consacrer cet argent à créer des postes en Ehpad (maisons médicalisées), lieu où les conditions de travail sont exécrables", disent les organisations syndicales, pour qui ces mesures devraient profiter à un "nombre infime" d'aides-soignants.

"L'objectif affiché pour ce nouveau métier est de gagner du temps médical, c'est-à-dire réduire encore le temps passé avec le patient, ce qui va à l'encontre du besoin d'écoute de nos citoyens", ajoutent-elles. Les organisations réclament du gouvernement "l'attribution de fonds permettant aux établissements de soins la mise en place d'effectifs proportionnels aux charges de travail" ainsi que l'intégration de la profession dans un processus d'universalisation allant de la licence au doctorat.

Elles réclament par ailleurs d'accorder aux "120.000 infirmières libérales les moyens et prérogatives nécessaires pour absorber un virage ambulatoire à la hauteur des ambitions affichées".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.