Les plans de relance post-Covid ne sont pas assez "verts", alerte l'ONU

Les plans de relance post-Covid ne sont pas assez "verts", alerte l'ONU©Boursier.com

Orange avec Boursier.com, publié le mercredi 10 mars 2021 à 17h51

"Les dépenses vertes ne sont pas à la hauteur de la gravité des trois crises planétaires que sont le changement climatique, la disparition de la nature et la pollution", selon la directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l'environnemen

"Les dépenses vertes ne sont pas à la hauteur de la gravité des trois crises planétaires que sont le changement climatique, la disparition de la nature et la pollution", selon la directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l'environnemen

Sommes-nous sur la bonne voie pour une "relance verte" ?... "Pas encore", a estimé l'ONU dans un rapport publié ce mercredi en collaboration avec l'université d'Oxford, qui révèle que seulement 18% des dépenses destinées à relancer l'économie face à la crise liée au Covid-19 ont été susceptibles de réduire les émissions de gaz à effet de serre, limiter la pollution ou améliorer le capital naturel.

"Dans l'ensemble et à ce stade, les dépenses vertes au niveau mondial ne sont pas à la hauteur de la gravité des trois crises planétaires que sont le changement climatique, la disparition de la nature et la pollution, en mettant de côté les avantages sociaux et économiques à long terme", estime Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), en préambule de ce rapport.

"Avec ce rapport, nous espérons pouvoir mettre en lumière les choix que les pays ont faits en 2020 et fournir une idée préliminaire sur la manière d'aligner les dépenses de relance aux niveaux mondial et national sur le Programme 2030 et l'Accord de Paris", a-t-elle ajouté.

341 milliards de dollars de relance verte

Selon l'analyse qui prend en compte les programmes des 50 plus importantes économies de la planète, les 341 milliards de dollars de relance verte, soit 18% des 1.900 milliards de dépenses de relance (excluant les mesures de sauvetage évaluées à 11.100 milliards), se sont surtout concentrés dans un petit nombre de pays développés.

Parmi les bons élèves, le rapport cite notamment la Corée du Sud, l'Espagne et l'Allemagne. "Le plan de relance sud-coréen, baptisé 'Green New Deal' et annoncé en juillet 2020, a apporté un engagement clair pour une reprise équitable et durable, tandis que l'Espagne et son 'Plan de Recuperación, Transformación y Resiliencia' apportent de réelles contributions dans de nombreux secteurs", note l'ONU.

Le Danemark, la Finlande et la France parmi les bons élèves

Le rapport met également en avant le Danemark, la Finlande, la France, la Norvège ou encore la Pologne. Quelque "35,2 milliards de dollars ont été annoncés pour la modernisation des bâtiments écologiques afin d'augmenter l'efficacité énergétique, principalement par le biais de rénovations, notamment en France et au Royaume-Uni", souligne notamment l'étude.

"Malgré les étapes positives franchies pour une reprise durable par quelques grandes nations, le monde n'a jusqu'à présent pas répondu aux aspirations pour mieux reconstruire", a toutefois estimé Brian O'Callaghan, chercheur à l'université d'Oxford et auteur principal du rapport, soulignant que "les opportunités de dépenser judicieusement pour la reprise ne sont pas encore terminées".

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