Les plus modestes et les femmes ont le plus pâti du confinement, selon l'Insee

Les plus modestes et les femmes ont le plus pâti du confinement, selon l'Insee
confinement élève enfant

Boursier.com, publié le vendredi 19 juin 2020 à 15h46

Selon l'Insee, 43% des ouvriers ont subi une baisse de salaires provoquée par le chômage partiel, un arrêt de travail pour maladie ou garde d'enfants ou le non-renouvellement d'un contrat, contre 34% des cadres et professions intermédiaires...

Après le Défenseur des droits, l'Insee a décidé à son tour d'alerter sur l'aggravation des inégalités pendant le confinement mis en place pour enrayer la propagation du Covid-19. Selon une étude dévoilée ce vendredi par l'Institut national de la statistique et des études économiques, 30% des personnes les plus modestes ont vu leur situation financière se dégrader, contre 11% des plus aisés.

Si 20% des personnes disent que la situation financière de leur ménage s'est dégradée, "les conséquences négatives du confinement ont été plus fréquentes pour les personnes aux revenus modestes, qui ont aussi perçu cette période comme plus pénible", indique ainsi l'institut dans son étude réalisée ans le cadre de son enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages.

Avec le chômage technique ou partiel, les arrêts de travail pour maladie ou garde d'enfant, ou encore le non-renouvellement d'un contrat, un tiers des personnes ayant un emploi ont subi une restriction d'activité susceptible de diminuer leurs revenus.

43% des ouvriers ont subi une baisse de salaires

Mais l'Insee souligne que les plus concernés par au moins l'une de ces restrictions sont les ouvriers (43%), devant les cadres et professions intermédiaires (34%) ou les employés (32%). D'une manière générale, les travailleurs les plus modestes ont été plus pénalisés par la situation. Selon l'étude, "37% des personnes dont le niveau de vie se situe parmi les 40% les plus modestes ont été concernées par au moins une de ces restrictions, contre 27% parmi les 20% les plus aisées".

Le télétravail est également très lié à la catégorie sociale. Ainsi, 58% des cadres et professions intermédiaires ont télétravaillé, contre 20% des employés et seulement 2% des ouvriers. Ceci s'est traduit par des conditions de travail très différentes selon le niveau de vie : 21% des personnes les plus modestes ont télétravaillé pendant le confinement contre 53% des plus aisés.

À l'inverse, les personnes les plus modestes ont davantage continué à aller travailler sur site. Cela a été le cas notamment des ouvriers (53%), devant les employés (41%), agriculteurs, chefs d'entreprise et indépendants (40%)...

"Une double journée" pour les femmes

Par ailleurs, l'institut a souligné que les conséquences négatives du confinement ont également été plus fréquentes pour les femmes. "Celles-ci ont, plus que les hommes, réduit leur activité professionnelle et consacré du temps à leurs enfants mais aussi cumulé quotidiennement plus de 4 heures de travail et plus de 4 heures avec leurs enfants", selon l'étude.

Selon l'Insee, 83% d'entre elles se sont occupées des enfants, contre 57% des hommes. Parmi les personnes en emploi, les mères ont deux fois plus souvent que les pères renoncé à travailler pour garder leurs enfants. Parmi les femmes en emploi, mais qui n'ont pas été en autorisation spéciale d'absence pour garde d'enfant, 45% assuraient une "double journée", professionnelle et domestique.

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