Les préjugés sur les femmes dirigeantes toujours aussi forts

Les préjugés sur les femmes dirigeantes toujours aussi forts©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 10 novembre 2020 à 16h52

Seulement 52% des personnes dans le groupe des pays riches du G7, 46% des hommes et 59% des femmes, se sentiraient "très à l'aise" avec une femme à la tête de leur gouvernement...

La Néo-zélandaise Jacinda Ardern, l'Allemande Angela Merkel... Les deux dirigeantes ont été saluées pour leur gestion efficace de la crise du coronavirus, mais leur succès ne parvient pas à changer les mentalités.

Seulement 52% des personnes dans le groupe des pays riches du G7, 46% des hommes et 59% des femmes, se sentiraient "très à l'aise" avec une femme à la tête de leur gouvernement, selon une enquête menée par l'entreprise de conseil Kantar. Son indice de Reykjavik, créé en 2018 et qui mesure la perception à l'égard des femmes dirigeantes, ne montre... aucun changement d'attitude envers elles dans la politique et les affaires.

Donnée très frappante : les jeunes ont davantage de préjugés que les générations plus âgées à l'égard des femmes occupant des postes à responsabilités, les différences étant plus marquées au Royaume-Uni, en Allemagne et en France.

L'étude a interrogé 23.000 personnes dans les pays du G7, ainsi qu'en Inde, au Kenya et au Nigeria, classant ensuite les Etats de 0 à 100.

La Grande-Bretagne en tête

La Grande-Bretagne et le Canada sont arrivés en tête avec 81 points, contre 73 et 77 l'année dernière. Cependant, la note globale du G7 est restée inchangé à 73 points, en raison de la perte de trois points par l'Italie, le Japon et l'Allemagne. Le Nigeria est arrivé en bas à 47 points.

"Je ne veux pas être pessimiste (...) mais nous ne pouvons pas présumer que l'égalité entre les hommes et les femmes va dans la bonne direction", a déclaré Michelle Harrison, PDG de la division publique de Kantar et co-fondatrice de l'indice, à la Thomson Fondation Reuters.

"Nous avons fait d'énormes progrès (depuis les années 1950) mais pour le moment, rien ne nous dit que nous sommes dans une ère de changement. Cela pourrait être le contraire", a-t-elle ajouté, estimant que la pandémie pourrait pousser les femmes vers des rôles plus traditionnels.

Plus d'ouverture dans les médias et le divertissement

Les jeunes hommes sont nettement moins progressistes que les jeunes femmes dans la plupart des pays, l'écart étant particulièrement prononcé en Italie et en Allemagne.

L'opinion est plus positive sur les femmes qui occupent des postes à responsabilité dans les médias et le divertissement, les sciences et l'économie. Celles qui travaillent dans les domaines du jeu, de la fabrication d'automobiles, de la défense et de la police sont les moins soutenues.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.