Les pubs veulent voir le verre à moitié plein malgré le goût amer du virus

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Emma Parkhouse, cogérante du pub Great Northern à St Albans, au nord de Londres, le 18 mars 2021
Emma Parkhouse, cogérante du pub Great Northern à St Albans, au nord de Londres, le 18 mars 2021
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© AFP, WILLIAM EDWARDS

AFP, publié le dimanche 21 mars 2021 à 08h05

Des pots de peinture plutôt que des barils de bière s'empilent au Great Northern, un pub de St Albans, au nord de Londres, douze mois après le premier confinement décrété pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

Des pots de peinture plutôt que des barils de bière s'empilent au Great Northern, un pub de St Albans, au nord de Londres, douze mois après le premier confinement décrété pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

"Je n'aurais jamais imaginé qu'un an après nous serions encore fermés", soupire Emma Parkhouse, cogérante, en train de refaire une beauté aux murs de l'établissement victorien, à quelques semaines de sa réouverture.

"Ca a été dur, nous avons dû affronter toute une série d'obstacles, mais nous avons essayé de rester positifs", dit-elle à l'AFP depuis son pub qui jouxte un cinéma lui aussi fermé depuis le dernier confinement imposé mi-décembre face à une remontée alors galopante des cas de covid-19.

Ce fut une douche froide supplémentaire après des mois de fermeture au printemps puis en novembre, et des restrictions à leur activité qui avaient déjà eu raison de tous leurs bénéfices de l'année 2019.

Emma Parkhouse explique que le Great Northern - l'un des nombreux pubs de St Albans, connue pour sa cathédrale et ses vestiges romains - a réussi à survivre grâce aux aides octroyées par le gouvernement britannique aux entreprises et aussi la réinvention de son offre, qui comprend désormais des plats et pintes à emporter.

En plus de la redécoration de l'intérieur du pub avec un nouveau papier peint, le jardin aussi a été réaménagé pour tenir compte des désormais nécessaires mesures de distanciation.

A partir du 12 avril, les pubs seront de nouveau autorisés à servir de l'alcool, mais seulement aux clients assis en extérieur, et il faudra attendre encore un mois de plus avant de pouvoir servir des clients en intérieur.

- "On prie" -

"On est déjà totalement pleins pour la première semaine (...) On prie juste pour qu'il ne pleuve pas", plaisante Emma Parkhouse peu après une averse qui a laissé les dalles du jardin humides.

Signe du coup dur porté par la pandémie, la British Beer and Pub Association (BBPA) déplore la fermeture d'environ 2.000 pubs sur 50.000 au Royaume-Uni l'an dernier. Le secteur pâtissait déjà d'un changement de modes de vie des Britanniques, de la concurrence des supermarchés et de taxes commerciales jugées élevées.

Les ventes de bière par les pubs ont été divisées par plus de deux l'an dernier à 7,8 milliards de livres (9,1 milliards d'euros), d'après l'association.

"Malheureusement nous n'avons pas encore vu toute l'étendue des dégâts et on ne le verra pas avant un moment jusqu'à ce que les choses reviennent à la normale", se désolait Emma McClarkin, directrice de la BBPA lors d'un récent état des lieux sur le secteur.

La Camra, association de promotion des pubs comme partie intégrante de la culture britannique, se veut toutefois optimiste, tout en appelant le gouvernement britannique à davantage soutenir le secteur.

Le rideau de fer baissé depuis des mois sur les pubs touche aussi les clients, en particulier les personnes relativement isolées qui retrouvaient des visages familiers dans leur pub de quartier, fait valoir Mme Parkhouse.

"L'isolement, c'est horrible, on vient aussi au pub pour rencontrer des gens", remarque-t-elle.

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