Libra : nouveau coup dur avec les défections de Mastercard et Visa

Libra : nouveau coup dur avec les défections de Mastercard et Visa©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 14 octobre 2019 à 10h52

Ces départs s'ajoutent à ceux de PayPal et du groupe de paiement sud-américain Mercado Pago.

Nouveau revers de taille pour le Libra. Le projet de Facebook de créer une nouvelle monnaie numérique a subi un coup dur vendredi avec les défections des géants du paiement Mastercard et Visa. Les deux groupes ont annoncé leur intention de quitter l'association portant le projet, emboîtant le pas d'EBay et du groupe de paiement sud-américain Mercado Pago.

PayPal Holdings, a lui quitté le groupement il y a une semaine, alors que les régulateurs à travers le monde ont fait part de leurs inquiétudes sur cette cryptomonnaie.

Continuer l'évaluation

"Visa a décidé de ne pas rejoindre l'association Libra à ce stade", déclare la société dans un communiqué. "Nous allons continuer notre évaluation et notre décision finale sera déterminée par un certain nombre de facteurs, dont la capacité de l'association à satisfaire pleinement aux attentes des régulateurs".

Le responsable du projet, l'ancien dirigeant de PayPal David Marcus, a relativisé la portée de cette annonce tout en reconnaissant que "ce n'est pas une bonne nouvelle à court terme".

Les spécialistes du paiement quittent le navire

L'association Libra se trouve désormais dépourvue de spécialistes de premier plan du paiement parmi ses membres, ce qui veut dire qu'elle ne pourra plus compter sur un acteur mondial pour aider les consommateurs à convertir leurs devises en Libra et pour faciliter les transactions.

Les autres membres de l'association, parmi lesquels Lyft et Vodafone, sont constitués pour l'essentiel de sociétés de capital investissement, de groupes de télécommunication et de technologies, de spécialistes de la blockchain ou d'associations à but non lucratif.

Questions et doutes

Libra, dont le lancement est prévu au premier semestre 2020, sera une devise numérique fonctionnant à partir de la technologie blockchain, censée assurer la transparence et la sécurité de toutes les transactions. L'objectif sera de permettre aux utilisateurs de Facebook et aux sites marchands de procéder à des transactions commerciales dans l'environnement Facebook, qui compte deux milliards d'utilisateurs dans le monde.

Cette nouvelle monnaie suscite beaucoup de questions, mais aussi de critiques. Un des fondateurs du réseau social, Chris Hughes, estime par exemple que le projet de cryptomonnaie de Facebook risque de transférer l'essentiel du contrôle de la politique monétaire des banques centrales vers des entreprises privées, dans une tribune publiée dans le 'Financial Times'. "Si les autorités de régulation dans le monde n'agissent pas maintenant, il pourrait très rapidement être trop tard", écrit-il...

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