Limitation à 80 km/h : la réforme est pour dimanche

Limitation à 80 km/h : la réforme est pour dimanche
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Boursier.com, publié le vendredi 29 juin 2018 à 15h51

C'est à partir de ce dimanche 1er juillet qu'entre en vigueur la réduction de 90 à 80 km/h de la vitesse sur les routes secondaires voulue par le gouvernement, pour tenter d'améliorer les chiffres de la Sécurité routière.

En déplacement à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le Premier ministre Edouard Philippe a une nouvelle fois tenté de défendre une mesure particulièrement mal accueillie par l'opinion. "Il ne m'a pas échappé que cette mesure suscitait une certaine forme d'impopularité (...), comme ont suscité l'impopularité toutes les mesures en termes de sécurité routière qui ont produit des effets", a-t-il confié à des journalistes.

Ce qui va changer

La nouvelle limitation de vitesse concernera les routes bidirectionnelles sans séparateur central, soit environ 400.000 kilomètres de voies. Un bilan sera dressé dans deux ans, en juillet 2020, mais une expérimentation a montré que la perte de temps était minime, contrairement à ce que prétendent les détracteurs de la mesure.

Perd-on vraiment du temps sur les trajets quotidiens en roulant à 80 km/h au lieu de 90 ? @gourmaud_jamy vous explique (avec @Francetele) pic.twitter.com/6qmu2vNerq - Sécurité routière (@RoutePlusSure)
Combien ça va coûter ?

Au total, 200.000 nouveaux panneaux vont devoir être installés le long des routes. Un panneau coûte environ 85 euros à produire, et en ajoutant le coût d'installation (main d'oeuvre, transport), la facture devrait avoisiner plus de 100 euros par pièce. L'État estime que cette mesure représentera une dépense comprise entre 6 et 12 millions d'euros. Les collectivités territoriales ont fait leurs comptes, car ce sont elles qui sont chargées des achats - elles seront ensuite remboursées par l'Etat.

Selon le magazine 'Autoplus', qui s'est penché sur les trois zones sur lesquelles le passage à 80 km/h a été testé, la réforme devrait rapporter beaucoup à l'Etat, car les automobilistes y ont été flashés en moyenne quatre fois plus. Le jackpot s'élèverait donc à 335 millions d'euros, selon ses estimations, qui sont toutefois démenties par la Sécurité routière.

Une mesure impopulaire

Le passage à 80km/h a fait chuter les cotes de popularité d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe ces derniers mois, avec respectivement 41% et 40% de bonnes opinions, selon un sondage publié mardi par l'institut Odoxa, qui l'attribue aux 80 km/h.

L'opposition de droite, notamment le président des Républicains Laurent Wauquiez, s'est saisie du dossier pour critiquer le gouvernement, y voyant le signe d'un mépris envers les zones rurales où se trouvent surtout les routes secondaires. La décision a suscité des réserves jusqu'au sein même du gouvernement, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb se montrant dubitatif.

Moins d'accidents sur les routes ?

Selon les expertises sur lesquelles s'appuie l'exécutif, l'effet de cette réduction de vitesse serait sans appel, avec 300 à 400 vies sauvées, et deux à trois mille accidents graves évités. Le gouvernement cite l'exemple du périphérique parisien, où la vitesse a été abaissée de 80 à 70 km/h, ce qui a permis de réduire de 18% le nombre d'accidents tout en améliorant la fluidité du trafic.

Après douze années de baisse continue, la mortalité routière augmente depuis 2014 en France (3.477 morts en 2016) avec la vitesse pour première cause (31%), suivie de l'alcool (19%) et des stupéfiants (9%). En 2016, les routes à deux voies non séparées ont connu 55% des accidents mortels, soit 1.911 tués.

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