Limitation à 80km/h : l'Etat n'envisage pas de retour en arrière

Limitation à 80km/h : l'Etat n'envisage pas de retour en arrière©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 21 juillet 2020 à 18h07

D'après le bilan dévoilé par la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, la mesure aurait "permis d'économiser 700 millions d'euros par an"...

Pas de rehaussement de la limitation de la vitesse en vue... En juillet 2018, le gouvernement a décidé de baisser la vitesse maximale autorisée de 90 à 80km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central en France. Après deux ans d'expérimentation, la mesure, très décriée au moment de son application, a été jugée efficace...

Lors d'un point presse lundi, la nouvelle déléguée interministérielle à la Sécurité routière (DISR) Marie Gautier-Melleray, citée par 'Le Parisien' a en effet estimé qu'elle était "efficiente", écartant pour le moment tout rehaussement de la limitation de la vitesse sur le réseau secondaire. Sur 20 mois, du 1er juillet 2018 au 28 février 2020, "349 vies ont été épargnées" par rapport à la moyenne des cinq années précédentes, indique un communiqué du ministère de l'Intérieur.

Ces chiffres sont issus du rapport dévoilé par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), qui avait été missionné par l'ancien Premier ministre Edouard Philippe, pour dresser un bilan au bout de deux ans. "Une baisse de 3,3 km/h sur les vitesses moyennes pratiquées par l'ensemble des usagers" a ainsi été relevée.

700 millions d'euros économisés par an

Alors que certains estimaient que l'abaissement du seuil de la vitesse maximale autorisée ferait perdre du temps, le Cerema a indiqué dans son rapport que l'allongement du temps de trajet est en moyenne de 1 seconde par kilomètre. "Ceci correspond pour des trajets de 50 kilomètres à une perte de 50 secondes en semaine. C'est largement inférieur au temps perdu perçu par les usagers, qui ont tendance à surestimer le temps gagné lorsqu'ils roulent vite. En effet, lors des enquêtes réalisées en octobre 2019, les répondants déclaraient perdre plus de 2 minutes pour ce type de trajet", précisent les auteurs de l'étude.

Par ailleurs, les experts du Cerema estiment que le passage aux 80 km/h aurait aussi permis d'économiser 700 millions d'euros par an grâce aux accidents, aux blessés et aux morts évités. "Le bilan socio-économique met en évidence une efficience certaine de la mesure qui présente un faible coût d'investissement ainsi que des résultats positifs en termes d'atteinte des bénéfices sociétaux par rapport aux coûts sociaux", ont-t-il ajouté.

58% des conducteurs au-dessus des 80km/h

Le rapport souligne toutefois que la mesure "n'a pas encore pleinement atteint les effets escomptés". En décembre 2019, 58% des conducteurs de véhicules légers circulaient encore au-dessus de 80 km/h, dont 35% entre 80 et 90 km/h. Face au mécontentement de nombreux automobilistes concernant l'abaissement à 80 km/h, les départements peuvent, depuis fin décembre 2019, rehausser à 90 km/h la vitesse maximale autorisée sur le réseau. D'après la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, 14.000 km de routes sur 400.000 sont repassées aux 90 km/h.

Pour le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes Pierre Chasseray, interrogé ce mardi sur 'Sud Radio', "si l'on regarde les départements passés à 90, on observe les mêmes statistiques d'accidents qu'avant". "Cette étude nous apprend tout de même que le passage de 90 à 80 km/h permet de réduire les vitesses de 3 km/h. Comment faire comprendre à quelqu'un qu'un changement de 3 km/h va sauver 500 vies par an ?", a-t-il ajouté...

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