Liquidation d'Arjowiggins : des salariés menacent de détruire le papier sécurisé

Liquidation d'Arjowiggins : des salariés menacent de détruire le papier sécurisé©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 28 janvier 2019 à 21h45

Les salariés de l'usine Arjowiggins Security, placée en liquidation judiciaire, menacent de brûler le papier sécurisé servant à produire passeports, cartes grises et billets de banque. Ils en appellent au gouvernement pour sauver leurs emplois.

Située à Jouy-sur-Morin (Seine-et-Marne), l'usine Arjowiggins Security produit du papier sécurisé qui sert notamment pour imprimer les certificats d'immatriculation automobiles (cartes grises). La société a été placée en janvier en liquidation judiciaire, provoquant la colère et le désespoir de ses quelque 240 salariés.

Ces derniers menacent aujourd'hui de détruire les stocks de bobines de papier spécial, ce qui potentiellement pourrait créer une pénurie de certains documents officiels, cette usine étant la seule à produire ce type de papier en France.

Le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé la liquidation judiciaire d'Arjowiggins Security le 16 janvier dernier. Depuis, les salariés du site occupent leur usine 24 heures sur 24. Depuis mardi dernier, ils ont déjà brûlé plusieurs bobines de papier et menacent d'aller plus loin si les pouvoirs publics ne font pas un geste.

Un risque de pénurie de cartes grises ?

Mardi dernier, "nous avions donné 48 heures à Bercy pour réagir. Nous avons mis une seconde bobine au feu à l'issue de ce délai. Depuis, deux bobines par jour y passent", a indiqué Patrice Schaafs, délégué syndicat CGT et secrétaire du comité central d'entreprise, cité par 'Le Parisien-Aujourd'hui en France'.

Dimanche, 7 bobines de 200 kg ont déjà été brûlées sur une centaine au total, soit "l'équivalent d'un an de commandes". Selon le représentant syndical, "l'Etat a un besoin urgent de ce papier car nous sommes les seuls en France à en produire. D'ici deux mois, il y aura une pénurie de cartes grises"...

Vendu par Sequana à un fonds suisse

Les salariés dénoncent "des conditions de licenciement indécentes", et dénoncent en outre un "scandale financier". Selon eux, 250 millions d'euros auraient été versés par l'Etat à l'ancien propriétaire Sequana pour la reconversion du site. Sequana a ensuite vendu en avril 2018 Arjowiggins Security à un fonds d'investissement suisse, Blue Motion Technologies Holding. Mais Blue Motion n'a réalisé aucun investissement dans la société, selon les syndicats.

Outre Arjowiggins Security, d'autres usines papetières, qui appartiennent toujours à Sequana, sont en grande difficulté financière. Le 8 janvier dernier, le tribunal de commerce de Nanterre a placé en redressement judiciaire quatre sites : Arjowiggins Papiers couchés à Bessé-sur-Braye (Sarthe), Le Bourray à Saint-Mars-la-Brière (Sarthe), ainsi que l'usine de Greenfield à Château-Thierry (Aisne) et celle d'Arjowiggins Rives (Isère).

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