Loi alimentation : "un chèque en blanc" de 1,6 MdE à la distribution ?

Loi alimentation : "un chèque en blanc" de 1,6 MdE à la distribution ?
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Boursier.com, publié le vendredi 11 octobre 2019 à 10h16

C'est le verdict de l'UFC Que Choisir et de la Confédération paysanne, qui estiment que les consommateurs et les agriculteurs sont perdants.

Quel bilan, un an après le vote de la loi Alimentation, qui a décidé le relèvement du seuil de revente à perte (SRP) ? L'UFC-Que Choisir et la Confédération Paysanne "condamnent amèrement, étude d'impact à l'appui, l'échec de la loi", qui a conduit selon eux à signer un "chèque en blanc de 1,6 milliard d'euros à la grande distribution".

Le SRP correspond à la limite de prix en dessous de laquelle un distributeur ne peut revendre un produit, sous peine de sanction. "Alors que la hausse de 10% du SRP inflige aux consommateurs une inflation qui devrait représenter selon nos calculs 1,6 milliard d'euros sur deux ans, le rééquilibrage des négociations commerciales tant attendu par les agriculteurs et promu par la loi (issue des Etats généraux de l'alimentation, ndlr) n'a pas eu lieu", estiment les deux organismes dans un communiqué de presse.

Les marges des distributeurs n'ont pas diminué

"La grande distribution et l'industrie continuent d'imposer des prix agricoles en dessous des prix de revient à de nombreuses filières", poursuivent-ils.

"En contrepartie de la hausse du SRP qui leur a été accordée, les industriels et la grande distribution s'étaient engagés en 2017 à modérer leurs marges, afin que les prix consentis aux agriculteurs soient plus rémunérateurs", rappellent-ils. Mais leur analyse montre que cette promesse n'a pas été tenue. Par exemple, pour le lait UHT, alors que depuis 2017 le prix revenant à l'éleveur a diminué de 5%, la marge des distributeurs a au contraire augmenté de 8%. Ainsi, alors que le prix agricole a diminué, les consommateurs paient maintenant le lait 4% plus cher.

Promesses non tenues

Dans le cas de la viande bovine et du poulet, si les prix agricoles ont pu bénéficier d'une légère augmentation, celle-ci est loin de rattraper les baisses subies avant 2017. "Loin du 'ruissellement' promis, les marges de l'industrie et de la distribution ont encore progressé plus fortement que les prix agricoles, entraînant une inflation supplémentaire injustifiée pour les consommateurs", estiment les auteurs de l'étude.

L'UFC et la Confédération paysanne demandent donc l'abandon immédiat du relèvement du seuil de revente à perte et la transparence totale sur les marges des industriels et des enseignes de la grande distribution par la publication des niveaux de marges nettes réalisées par chacun.

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