Lourde ardoise fiscale pour Apple qui va investir massivement aux Etats-Unis

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 Apple va payer 38 milliards de dollars sur ses bénéfices réalisés à l'étranger en raison de la réforme fiscale américaine

Apple va payer 38 milliards de dollars sur ses bénéfices réalisés à l'étranger en raison de la réforme fiscale américaine

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© AFP, Josh Edelson

AFP, publié le jeudi 18 janvier 2018 à 09h59

Apple va payer 38 milliards de dollars sur ses bénéfices réalisés à l'étranger en raison de la réforme fiscale américaine, et promet d'investir massivement dans les prochaines années aux Etats-Unis, ce que n'a pas manqué de saluer le président Trump.

"Apple est une +success story+ comme il n'en arrive qu'en Amérique. Notre soutien à l'économie américaine est une longue histoire et nous sommes fiers de (le) renforcer" encore, a déclaré son patron, Tim Cook, cité dans un communiqué du groupe, qui prévoit également la création d'un nouveau "campus".

Première annonce, l'entreprise "prévoit de payer un +impôt de rapatriement+ d'environ 38 milliards de dollars comme exigé par les changements récents" de la législation, a indiqué le groupe basé en Californie. 

Sans surprise, les annonces ont été saluées par Donald Trump, qui a fait du rapatriement de l'argent des multinationales un de ses thèmes favoris. 

"J'avais promis que ma politique permettrait à de grandes entreprises comme Apple de ramener d'énormes sommes aux Etats-Unis. Super de voir Apple le faire dans la foulée des baisses d'impôts", a-t-il tweeté, évoquant une "immense victoire pour les travailleurs américains et les Etats-Unis".

- Trésor de guerre -

La réforme fiscale, votée juste avant Noël, offre pendant une durée limitée aux entreprises américaines la possibilité de rapatrier les bénéfices réalisés à l'étranger à des taux variant entre 8% et 15,5%.  

La taxe, qui n'est due qu'une seule fois et peut être payée sur plusieurs années, devrait rapporter au moins 220 milliards de dollars à l'Etat fédéral.

Subtilité néanmoins, cet impôt s'applique même si les bénéfices ne sont pas réellement rapatriés aux Etats-Unis...

Auparavant, les bénéfices échappaient totalement à l'impôt tant qu'ils restaient "parqués" à l'étranger et se retrouvaient imposés à 35% s'ils étaient "rapatriés" aux Etats-Unis. Du coup, certaines grosses entreprises ont accumulé un "trésor de guerre" parfois gigantesque --celui d'Apple est estimé à environ 250 milliards de dollars-- qui attise les convoitises de beaucoup de pays.

Un paiement de quelque 38 milliards de dollars "serait le plus important de ce type jamais effectué", a affirmé mercredi le groupe, qui souligne être déjà le premier contribuable américain.

D'autres entreprises ont fait ces derniers jours des annonces similaires, comme la banque Citigroup, qui a annoncé 22 milliards de dollars de charges exceptionnelles mardi.

L'annonce d'Apple, première capitalisation boursière mondiale à plus de 910 milliards de dollars, ne devrait pas avoir d'impact significatif sur sa santé financière. Le groupe avait publié début novembre un bénéfice net annuel de 48,3 milliards (+5,8%) pour un chiffre d'affaires de 229 milliards.

Le titre a fini mercredi en hausse de 1,65% à 179,10 dollars à Wall Street.

- Nouveau campus -

Mercredi, le fabricant de l'iPhone a aussi assuré qu'il comptait investir directement plus de 30 milliards de dollars aux Etats-Unis dans les cinq ans (via ses fournisseurs et sous-traitants ou dans des "data centers") et "créer plus de 20.000 emplois". 

Ces embauches se feront notamment via un nouveau "campus" destiné dans un premier temps à accueillir les services d'assistance technique aux clients du groupe. Son implantation géographique, qui ne devrait pas manquer de susciter les convoitises de villes et Etats américains, sera précisée cette année, dit encore Apple, qui emploie déjà directement 84.000 personnes aux Etats-Unis.

Au total, Apple estime qu'il contribuera "directement à l'économie américaine" à hauteur de "plus de 350 milliards de dollars" dans les cinq années qui viennent.

Une source proche d'Apple a par ailleurs indiqué que le groupe allait distribuer 2.500 dollars (en actions) de bonus à ses salariés, comme l'avaient fait d'autres entreprises après le vote de la réforme fiscale, favorable aux entreprises.

Parallèlement, Apple fait partie, comme d'autres géants technologiques, des multinationales dans le viseur des autorités européennes, qui les accusent notamment d'optimisation fiscale pour diminuer leurs impôts en Europe et cherchent à les imposer plus durement.

Dans ce cadre, le gouvernement irlandais a annoncé début décembre avoir trouvé un accord avec Apple afin de commencer à collecter les 13 milliards d'euros d'avantages fiscaux jugés indus par Bruxelles.

En novembre, Apple faisait partie des entreprises et personnalités nommées dans les "Paradise Papers", une série de documents ayant fuité dans la presse détaillant certaines pratiques "d'optimisation fiscale". 

Le groupe avait reconnu avoir placé ses liquidités à l'abri des taxations à Jersey. Un choix mû par sa volonté de payer à terme l'essentiel de ses impôts aux Etats-Unis, avait-il plaidé.

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3 commentaires - Lourde ardoise fiscale pour Apple qui va investir massivement aux Etats-Unis
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    oms -

    Les Detracteurs contre le President des U.S.A,doivent Reconnaitre le Tour de passe passe de Rapatrier des Benefices des Multinationales Rapportant au tresor des USA 220Millards de Dollars.
    CHAPAUX L'ARTISTE

    avatar
    EddyDonmarcel -

    Encore un spécialiste de l’économie.
    Vous avez de la chance, j’ai quelques minutes pour vous expliquer.

    Impôts sur les sociétés :
    En France : 33,33% et l’argent ainsi perçu est équivalente à 18,5% de notre PIB soit plus de 430 milliards d’€uro pour 2017.
    Aux Etats-Unis : 15% et l’argent ainsi perçu est équivalente à moins de 10% de leur PIB.
    En Allemagne : 15% puis 5% (Après déduction des 15%) soit 10,2% de leur PIB.
    Au Royaume Uni : variable de 10 à 17% soit 8,6% de leur PIB.

    Charges patronales payées par les entreprises (Donc hors part des salariés) :
    En France : l’équivalent de 11,6% du PIB soit plus de 270 milliards d’€uro pour 2017.
    Aux Etats-Unis : Très très variable d’un Etat à l’autre mais en moyenne c’est moins du tiers de ce que paient les entreprises Françaises.
    En Allemagne : l’équivalent de 6,8% de leur PIB.
    Au Royaume Uni : l’équivalent de 3,9% de leur PIB.

    Les prélèvements obligatoires :
    En France : 45,7%.
    Aux Etats-Unis : 26%.
    En Allemagne : 36,9%.
    Au Royaume Uni : 35%.

    Nous pouvons également comparé le temps de travail, l’age de la retraite, le nombre de jours de congés annuels, etc …

    Les Etats-Unis sont dans le top 10 des pays les plus libéraux au monde, le Royaume Uni dans le top 15, l’Allemagne dans le top 30 et la France est classée 64ème après la Colombie et les Emirats Arabes Unis. Impressionnant, non ?
    C’est la fondation « Héritage », un think tank très très conservateur, qui a établi cette liste des pays les plus libéraux selon différents critères, la facilité d’entreprendre, le marché du travail, la pression fiscale, les dépenses publiques, etc , etc, etc…
    Voici le top 10 des pays les plus libéraux : HongKong, Singapour, Australie, Nouvelle Zélande, Suisse, Canada, Irlande, Danemark, Etats-Unis et Barhein.
    Au passage, que des pays qui ont une économie beaucoup plus florissante que la notre.

    Vous voulez que la France fasse aussi bien que les Etats-Unis, ce n’est pas compliqué, à moins que vous n’ayez pas compris ce petit comparatif, mais alors adieu protection sociale, aides diverses et variées.
    Moi, j’aimerai beaucoup.

    D’après la plupart des économistes mondiaux, qu’ils soient de gauche ou de droite, savez vous quel sera le prochain paradis fiscal du monde :
    Les Etats-Unis.

    A part ça, dès son élection, D.Trump a commencer par supprimer la plupart des contraintes qui régissent la profession de banquier, et surtout il a pour objectif de toutes les supprimer, ce qui veut dire que les banquiers Américains vont bientôt pouvoir exercer leur profession comme bon leur semble et surtout sans rendre de compte.
    En conséquence de quoi, une très grande majorité d’économistes, qu’ils soient de gauche ou de droite, affirment qu’il va y avoir une autre crise comme celle de 2008, mais beaucoup, beaucoup plus importante, d’ailleurs la question qu’ils se posent n’est pas de savoir si une nouvelle crise va arriver, mais quand elle va arriver ?
    Quasiment tous les pays d’Europe ont commencé à se sortir de cette crise dès 2012 alors que la France est encore dedans.
    Si vous voulez, aux prochaines élections présidentielles, votez à gauche et quand cette nouvelle crise arrivera, il restera plus qu’une solution à notre pays, celle de se mettre en cessation de paiement, alors à ce moment là, si vous avez enfin compris ce qu’est l’Economie, vous regretterez E.Macron.
    Ensuite, D.Trump a supprimé l’ « Obamacare » pour les 32 millions d’Américains qui n’ont pas les moyens de se payer une assurance santé.
    Il a augmenté le budget de la défense Américaine qui représente pourtant à ce jour déjà 51% des dépenses mondiales en armement.
    Il est entrain de préparer des lois qui vont faciliter son business, le sien pas celui de son pays.
    A part ça et bien d’autres choses, c’est un bon président … qui n’a qu’une vision à court terme et n’est pas capable de se projeter à 10 ou 15 ans.

    C’est sûr, D.Trump, c’est un sacré artiste.

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    dudut -

    N'achetons plus Apple mais filons chez les Chinois qui sont pour le multipartisme économique...

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    Tueur -

    Gros souci pour l'Europe .......... pendant ce temps les zadistes s'occupent de leurs patates ......

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