LVMH lance la contre-attaque judiciaire face à Tiffany

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Le géant du luxe LVMH a lancé lundi la contre-attaque judiciaire face à Tiffany, justifiant sa décision de ne pas racheter le joaillier par sa mauvaise gestion en temps de pandémie et par une demande du gouvernement français
Le géant du luxe LVMH a lancé lundi la contre-attaque judiciaire face à Tiffany, justifiant sa décision de ne pas racheter le joaillier par sa mauvaise gestion en temps de pandémie et par une demande du gouvernement français
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© AFP, STEPHANE DE SAKUTIN

AFP, publié le mardi 29 septembre 2020 à 11h19

Le géant du luxe LVMH a lancé lundi la contre-attaque judiciaire face à Tiffany, justifiant sa décision de ne pas racheter le joaillier par sa mauvaise gestion en temps de pandémie et par une demande du gouvernement français.

"LVMH a déposé hier soir ses conclusions auprès de la Cour de Justice du Delaware", a déclaré le groupe français dans un communiqué mardi matin, confirmant une information de Bloomberg la veille.

"Le groupe est confiant dans sa capacité à démontrer que les conditions de réalisation de l'acquisition ne sont pas réunies et que les arguments fallacieux soutenus par Tiffany sont totalement  infondés", poursuit le communiqué.

"La pandémie - dont les effets pour Tiffany sont catastrophiques et durables - constitue indéniablement une situation significativement défavorable" et cette clause connue sous le nom anglais de MAE (Material adverse effect) dans le domaine des fusions-acquisitions, "suffit à empêcher la réalisation de l'opération", explique-t-il encore.

"A l'instar d'une grande majorité des contrats d'acquisition, l'accord signé en novembre 2019" inclut cette clause "pour autant que l'évènement invoqué au titre de cette clause n'ait pas été explicitement exclu par les parties", détaille LVMH.

Or "l'absence de la mention d'une exclusion de la pandémie dans la définition de l'événement significativement défavorable dans l'accord conclu avec Tiffany est indiscutable", souligne le géant du luxe.

Si certains événéments "tels que les cyber-attaques, le mouvement des gilets jaunes ou encore les manifestations à Hong Kong" avaient été prévus, ce n'est pas le cas d'une crise sanitaire "alors que des centaines d'accords de fusion réalisés ces dix dernières années prévoient cette mention spécifique", complète le communiqué.

Le groupe prend en outre l'exemple, dans sa plainte consultée par l'AFP, d'un contrat à 6,8 milliards de dollars, "exécuté la veille" de celui avec LVMH, et négocié par les avocats représentants Tiffany, qui prévoyait cette exclusion.

Le versement d'un dividende élevé au moment où l'entreprise voyait ses liquidités fondre et subissait des pertes fait également partie des reproches adressés au joaillier américain.

LVMH avait annoncé début septembre n'être "plus en mesure" de racheter comme prévu le joaillier pour 16,2 milliards de dollars, en s'appuyant en particulier sur une lettre du ministre des Affaires étrangères français lui demandant de différer l'acquisition au regard de la guerre commerciale en cours avec les États-Unis.

Le ministre Jean-Yves Le Drian a lui assuré ensuite devant les députés français avoir avec ce courrier "répondu à une demande du groupe LVMH."

Tiffany avait riposté en accusant LVMH, devant un tribunal du Delaware, d'avoir fait traîner des démarches réglementaires pour ne pas avoir à honorer ses engagements et pour faire baisser le prix d'acquisition.

Le groupe du milliardaire Bernard Arnault avait déjà annoncé son intention de ne pas en rester là et de saisir à son tour la justice américaine. Il a donc mis à exécution cette menace lundi en déposant un nouveau document auprès du tribunal.

Contacté lundi soir  par l'AFP, Tiffany n'avait pas souhaité faire de commentaires tout de suite. 

La justice américaine a fixé la semaine dernière au 5 janvier 2021 la date du procès devant opposer les deux groupes, en suggérant toutefois aux deux parties de renouer le dialogue.

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