Macron allège le confinement et appelle à la responsabilité

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Dépistage du Covid-19 avec des tests antigéniques au lycée Emile-Dubois à Paris le 23 novembre 2020
Dépistage du Covid-19 avec des tests antigéniques au lycée Emile-Dubois à Paris le 23 novembre 2020
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© AFP, Ludovic MARIN, POOL

AFP, publié le mardi 24 novembre 2020 à 23h05

Emmanuel Macron a desserré l'étau du confinement, qui sera remplacé par un couvre-feu à partir du 15 décembre, mais a appelé les Français à la responsabilité pour les fêtes de fin d'année, alors que le pays a franchi mardi la barre des 50.000 décès dû au Covid-19.

Malgré une lente décrue, le virus "demeure très présent" et "il nous faut poursuivre nos efforts", a demandé le chef de l'Etat lors d'une nouvelle allocution télévisée. 

"Nous devons tout faire pour éviter une troisième vague, un troisième confinement", a-t-il insisté en annonçant qu'une campagne de vaccination "massive" mais non obligatoire pourrait débuter dès fin décembre, en commençant par les plus fragiles.

Emmanuel Macron a annoncé l'allègement des restrictions en trois phases, jusqu'au 20 janvier, en fonction de l'évolution de l'épidémie. "Le retour à la normale ne sera pas pour demain", a-t-il averti.

Cet assouplissement débutera samedi: le confinement est maintenu mais les déplacements pour motif de loisirs seront autorisés à 20 km du domicile et pendant 3 heures, au lieu de 1 km et une heure.

Emmanuel Macron lève les contraintes aux achats de Noël en rouvrant tous les commerces dits "non essentiels" comme les librairies ou les boutiques de vêtements, jusqu'à 21h00, ou encore les bibliothèques, avec "des protocoles sanitaires stricts" qu'il n'a pas détaillés.

Réclamée notamment par certains catholiques, la réouverture des lieux de culte sera effective ce week-end mais avec 30 personnes maximum.

Les restaurants et les bars resteront en revanche fermés. Et "il faudra continuer à rester chez soi, à télétravailler quand cela est possible, à renoncer aux réunions privées, aux rassemblements familiaux, à tous les déplacements non nécessaires".

Jean Castex tiendra jeudi matin une conférence de presse pour détailler ces mesures.

- Déconfinement -

La deuxième étape est fixée au 15 décembre, jour où "le confinement pourra être levé" si le nombre de contaminations quotidiennes passe sous la barre des 5.000, a annoncé le chef de l'Etat.

Il sera remplacé par un couvre-feu de 21H à 07H sur l'ensemble du territoire, sauf pour les soirées de Noël du 24 et du Nouvel An du 31, mais sans rassemblements sur la voie publique.


La trêve de la fin de l'année a également été décidée par plusieurs pays voisins, comme le Royaume-Uni, qui a autorisé mardi les réunions de famille du 23 au 27 décembre, tandis que l'Allemagne envisage de limiter à dix personnes le nombre de participants aux fêtes familiales.

"Dans ces moments-là, nous sommes tentés de baisser la garde. Mais, si nous ne voulons pas subir demain un troisième confinement, nous devons redoubler de vigilance", a averti M. Macron, encourageant les Français à porter le masque "y compris à la maison" et à "aérer toutes les heures les pièces".

A partir du 15 décembre, les cinémas, théâtres et musées pourront rouvrir, avec un système "horodatage" pour s'adapter au couvre-feu. 

Les activités sportives pour les mineurs seront en outre de nouveau autorisées à l'extérieur à partir de samedi puis en salle à partir du 15 décembre.

Mais "il me semble impossible d'envisager une réouverture pour les fêtes" des stations de ski mais plutôt "courant janvier", a tranché le chef de l'Etat, douchant les espoirs du secteur.

La troisième phase débutera le 20 janvier avec la réouverture potentielle des restaurants et des salles de sports. Aucune date n'est en revanche fixée pour les bars et les discothèques.

Les lycées pourront alors être "pleinement ouverts, avec la totalité des élèves", a précisé le président. Suivront, deux semaines plus tard, les universités avec également tous les étudiants.

- Vaccins fin décembre -


La vaccination, qui ne sera pas obligatoire, pourra démarrer "fin décembre-début janvier", sous réserve du feu vert des autorités sanitaires, pour "les personnes les plus fragiles", a indiqué Emmanuel Macron. La France a, avec l'Union européenne "sécurisé le nombre de doses" nécessaires, a-t-il assuré.

Après les ratés sur les masques et les tests, l'exécutif sait qu'il ne peut échouer sur le sujet des vaccins, d'autant que les sondages montrent une population sceptique sur l'intérêt de se faire vacciner.

Pour garantir la transparence de la vaccination, un "collectif de citoyens" permettra d'y associer la population.

Pour les tests, le chef de l'Etat promet en janvier un délai maximum de 24 heures pour les résultats, dont la lenteur a fait échouer jusqu'ici la stratégie de dépistage et d'isolement des malades. Il promet aussi une large utilisation des tests antigéniques rapides et a rappelé l'importance d'utiliser l'application TousAntiCovid, déjà téléchargée par "près de 10 millions" de Français.

Le chef de l'Etat a par ailleurs souhaité que le gouvernement et le Parlement prévoient "les conditions pour s'assurer de l'isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante". "Un vrai débat démocratique doit se tenir", selon lui.

Sur le plan économique, Emmanuel Macron a annoncé que les bars, restaurants et salles de sport pourront bénéficier d'aides complémentaires, allant jusqu'à 20% de leur chiffre d'affaires si ce montant dépasse les 10.000 euros que peut au maximum verser les fonds de solidarités pour les entreprises.

"On va débroussailler ce flot de détails et vérifier les annonces. Curieux qu'il ait l'air d'être content du bilan", a commenté Jean-Luc Mélenchon, numéro un de LFI. "Fatigué de ces longs bavardages d'auto-satisfaction ! Quant aux mots - horodatage, isolement, comité scientifique -, ils révèlent la main-mise des bureaucrates sur notre vie. C'était donc Macron au pays des Soviets et des technos", a critiqué Guillaume Peltier (LR).

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