Macron : "Nous sommes en guerre" contre le Covid-19 !

Macron : "Nous sommes en guerre" contre le Covid-19 !©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 16 mars 2020 à 22h35

Le président de la République a annoncé lundi soir une batterie de nouvelles mesures pour endiguer l'épidémie de coronavirus : déplacements limités au strict nécessaire, soutien aux entreprises, fermeture de l'espace Schengen...

Emmanuel Macron a annoncé lundi soir à la télévision de nouvelles mesures drastiques pour endiguer l'épidémie de coronavirus, à commencer par des limitations de déplacements beaucoup plus strictes. De plus, un hôpital de campagne sera construit en Alsace, l'Etat fournira 300 milliards d'euros de garanties bancaires aux entreprises et les frontières de l'UE et de l'espace Schengen seront fermées pendant 30 jours en accord avec les autres Etats européens. Enfin, toutes les réformes politiques en cours sont suspendues et le second tour des municipales est reporté sine die.

Pour sa deuxième allocution solennelle en 5 jours, le président de la République a prononcé par cinq fois la phrase "Nous sommes en guerre" contre l'épidémie, et a appelé à de nombreuses reprises les Français a se montrer "unis et solidaires" face à cette menace sanitaire. "Je vous demande d'être responsables tous ensemble et de ne céder à aucune panique".

Déplacements "très fortement réduits" et sanctions prévues

Sans prononcer le mot de confinement, le chef de l'Etat a invité les Français à limiter leurs déplacements à l'essentiel. "Après avoir écouté les experts" et en conséquence," j'ai décidé de renforcer encore les mesures pour réduire nos déplacements et nos contacts au strict nécessaire. Dès demain midi, et pour 15 jours au moins, nos déplacements seront très fortement réduits", a-t-il ajouté.

Ainsi, "les regroupements extérieurs et les réunions familiales ne seront plus permises". Emmanuel Macron a précisé que le gouvernement précisera les modalités de ces nouvelles règles dès ce soir, ajoutant que "toute infraction à ces règles sera sanctionnée" sans donner de précisions sur la nature des sanctions.

Amende de 38 euros, bientôt portée à 135 euros

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a précisé dans la soirée que la violation des règles sera punie d'une amende de 38 euros, mais "nous allons la porter rapidement à un niveau supérieur qui pourrait être de 135 euros", a déclaré le ministre.

"Notre objectif n'est pas de sanctionner mais d'en appeler à la responsabilité de tous (...) Trop de personnes font encore peu de cas des consignes sanitaire exigées", a indiqué Christophe Castaner.

Christophe Castaner a aussi annoncé la mise en place d'un dispositif de contrôle par les forces de l'ordre par "plus de 100.000 policiers et gendarmes" sur le territoire, dès mardi midi. Des contrôles et points de contrôles fixes et mobiles seront effectués sur les axes principaux et secondaires partout en France.

Réformes en cours suspendues, dont celle de la retraite

Il a par ailleurs confirmé que le second tour des élections municipales sera reporté, une décision qui a "fait l'objet d'un accord unanime" entre les partis et instances politiques. En outre, toutes le réformes en cours seront suspendues a commencer par la réforme des retraites, a précisé Emmanuel Macron.

Le président a ajouté qu'un projet de loi permettant de gérer dans l'urgence et de légiférer par ordonnance sera soumis au Parlement dès jeudi. En outre, après concertation avec les autres dirigeants européens, "dès demain midi, les frontières à l'entrée de l'UE et de l'espace Schengen seront fermés pendant 30 jours".

Un hôpital de campagne déployé en Alsace

Sur le plan sanitaire, un hôpital de campagne du service des armées sera déployé en Alsace. En cas d'engorgement des hôpitaux dans certaines régions, les armées apporteront en outre leur concours pour déplacer les malades vers des hôpitaux d'autres régions.

Des masques de protection seront livrés dans les "25 départements les plus touchés dès demain" et mercredi dans le reste du territoire. Ces masques seront réservés pour l'hôpital et la médecine de ville.

Les taxis et hôtels pourront eux aussi "être mobilisés" pour aider les soignants, et "l'Etat paiera", a précisé le président.

300 milliards d'euros de garanties de l'Etat pour les entreprises

Pour préserver au mieux l'économie française, qui menace de tomber en récession selon les économistes, Emmanuel Macron a annoncé une enveloppe de 300 milliards d'euros de garanties bancaires pour les entreprises.

En outre, les entreprises en difficulté pourront bénéficier de la suspension de leurs factures d'électricité, de gaz, d'eau ainsi que de leurs loyers.

Pour les entrepreneurs, commerçants artisans, un fonds de solidarité sera créé. En outre, le dispositif de chômage partiel sera massivement élargi, afin de ne "laisser aucun Français sans ressources".

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