Macron veut faire de la France le leader de la révolution numérique, financière et climatique

Macron veut faire de la France le leader de la révolution numérique, financière et climatique©Boursier.com
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Boursier.com, publié le lundi 18 décembre 2017 à 06h56

France 2 a diffusé dimanche soir une longue interview d'Emmanuel Macron dans le cadre de l'émission "19 heures Le dimanche", entretien réalisé par Laurent Delahousse à l'Elysée et consacré principalement aux questions climatiques dans la foulée du "One Planet Summit" qui a réuni la semaine passée près de Paris une soixantaine de chefs d'Etats et de gouvernement...

Interrogé sur les rumeurs récurrentes de départ de Nicolas Hulot du gouvernement, le chef de l'Etat a expliqué qu'il souhaitait très profondément "qu'il reste au gouvernement et qu'il agisse" ... "Il n'a jamais mis sa démission dans la balance" a précisé E. Macron qui trouve Nicolas Hulot "utile au pays".

Les mains dans la glaise

"Il a son tempérament, c'est un engagé", a dit le chef de l'Etat... "Là, il apprend aussi les contraintes de l'exercice politique et de la décision" ... "On est tous les jours les mains dans la glaise et que ça ne peut pas être parfait du jour au lendemain" ... "C'est un inquiet. C'est pour cela que je l'ai choisi, parce que j'ai besoin de gens qui vivent dans le creux de leur ventre la nécessité de changer, de prendre des décisions, d'aller les expliquer et de faire... Je ne veux pas des gens qui soient assis et contents d'être ministres. Je veux des gens qui agissent... Lui il agit, il est inquiet, il n'est jamais satisfait !"

La démarche du chef de l'Etat appuyée par Nicolas Hulot vise à entretenir la dynamique de la COP21 sur le climat... De quoi tirer un premier bilan écologique, en particulier à propos de deux questions sensibles : le nucléaire et le glyphosate...

Nucléaire en question

Sur le nucléaire, Emmanuel Macron se veut pragmatique : "Quand l'Allemagne a renoncé au nucléaire, ils sont revenus au charbon, ce qui n'est pas bon pour la planète" ..."Le nucléaire, c'est la manière la plus décarbonée de produire de l'électricité" a expliqué le président de la République qui précise : "Si je ferme demain une centrale nucléaire, je ne peux pas la remplacer par de l'énergie renouvelable, parce qu'une centrale nucléaire fournit de l'électricité toute l'année en continu. Le renouvelable, c'est une énergie intermittente, sur laquelle on a pris beaucoup de retard."

"Je veux qu'on fasse de la France le leader de la révolution numérique, financière et climatique", a martelé le chef de l'Etat, qui reconnaît volontiers ne pas être "un activiste du climat depuis des décennies" mais affirme avoir évolué sur la question, après avoir été convaincu par certains de ses interlocuteurs...

Les centrales theriques et à charbon fermées durant le quinquennat

"Dans notre production d'électricité, le problème, c'est le thermique et le charbon... On a encore des centrales thermiques et à charbon sur le territoire, on va les fermer durant ce quinquennat" a encore déclaré Emmanuel Macron.

"Toutes les centrales thermiques et à charbon qui existent en France seront fermées, pendant le quinquennat, parce que c'est ça qui est mauvais pour les émissions de gaz à effet de serre".

Glyphosate en action

Les six premiers mois de la présidence Macron ont également été marqués par le débat musclé dans le dossier du glyphosate... La Commission européenne a obtenu le renouvellement de son autorisation pour cinq années de plus, avec l'aide surprise de l'Allemagne, en dépit des efforts déployés par la France qui plaidait pour une durée plus courte de trois ans.

"Où en étions-nous avant que la France intervienne ? Nous allions vers une reconduction du glyphosate pour dix ans en Europe, nous sommes passés à 5 ans". Dans la foulée du vote à Bruxelles prolongeant le glyphosate, Emmanuel Macron s'est engagé à prendre des dispositions pour en interdire l'utilisation en France d'ici trois ans...

"Pas assez vite"

Dramatisant volontairement les enjeux écologiques actuels en tentant de prendre de la hauteur, E. Macron a estimé dans le cadre du sommet international de mardi dernier que le monde était "en train de perdre la bataille" contre le dérèglement climatique...

Reprenant à son compte des derniers rapports scientifiques soulignant la gravité des déséquilibres écologiques en passe de devenir irréversibles, "ceux qui étaient avant nous avaient une chance, ils pouvaient dire 'on ne savait pas'", a-t-il ajouté. "Ce qui est en train de se jouer ici est une nouvelle étape de notre combat collectif", a encore souligné Emmanuel Macron, pour qui "on ne va pas assez vite"...

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