Manifestations pro-démocratie : la Thaïlande attaque en justice Facebook et Twitter

Manifestations pro-démocratie : la Thaïlande attaque en justice Facebook et Twitter
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Boursier.com, publié le jeudi 24 septembre 2020 à 16h44

Le ministère de l'Economie et de la Société numériques en Thaïlande estime que les deux réseaux sociaux ont ignoré un certain nombre de ses demandes de suppression de contenu...

Le conflit entre la Thaïlande et les réseaux sociaux s'intensifie... Alors qu'un vent de protestation s'est levé cet été dans le pays, le ministère de l'Economie et de la Société numériques a déposé ce jeudi des plaintes auprès de la police de la cybercriminalité contre Facebook et Twitter pour avoir ignoré un certain nombre de ses demandes de suppression de contenu.

"Nous avons informé les entreprises concernées et leur avons envoyé des avertissements deux fois, mais elles ne se sont pas conformées à toutes les demandes", a indiqué le ministre thaïlandais Puttipong Punnakanta à l'agence 'Reuters', sans donner plus de détails.

Il estime en effet que les deux géants du Web ont manqué les délais pour se conformer pleinement aux ordonnances rendues par le tribunal, qui leur imposaient de retirer des publications de militants prodémocratie jugées "offensantes" pour le pays et la monarchie.

Youtube épargné

En revanche, aucune action n'a été intentée contre Google d'Alphabet, car sa plateforme vidéo YouTube a supprimé le contenu demandé mercredi soir, a précisé Puttipong Punnakanta, alors que des milliers de manifestants étaient rassemblés ce jeudi devant le Parlement de Bangkok pour tenter de faire pression sur les députés qui doivent se prononcer sur une éventuelle réforme de certaines parties de la Constitution.

Fin août, alors que Facebook avait été contraint par le gouvernement thaïlandais de fermer un groupe très populaire consacré au mouvement pro-démocratie en cours dans le royaume, le géant des réseaux sociaux avait annoncé qu'il prévoyait de "contester" cet ordre.

Le groupe privé en question, baptisé "Royalist Marketplace", avait été créé au mois d'avril et comptait plus d'un million de membres. Le réseau social expliquait alors avoir été "obligé" de bloquer cette page sous la pression du gouvernement, qui affirme que cette dernière hébergeait des contenus diffamatoires pour le régime.

Des lois de lèse-majesté

Selon 'The Guardian', le 10 août dernier, le gouvernement avait donné à Facebook environ deux semaines pour se conformer à cet ordre, au risque de se voir infliger une amende de 6.300 dollars par jour, en accord avec la loi sur la criminalité informatique du pays. Mais selon un porte-parole de Facebook, les demandes du gouvernement thaïlandais "contreviennent au droit international des droits humains et ont un effet dissuasif sur la capacité des gens à s'exprimer".

Le créateur du groupe privé, Pavin Chachavalpongpun, avait dit regretter la décision de Facebook d'avoir supprimé sa page. "En faisant cela, Facebook coopère avec le régime autoritaire pour faire obstacle à la démocratie et cultiver l'autoritarisme en Thaïlande", a-t-il affirmé. A noter que la monarchie est un sujet très sensible dans le pays. Les lois thaïlandaises de lèse-majesté sont souvent à l'origine de telles demandes de blocage ou de suppression de contenu sur les réseaux sociaux...

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