Martinez (CGT): le gouvernement "fait tout pour que les grèves durent"

Martinez (CGT): le gouvernement "fait tout pour que les grèves durent"
Manifestation contre le chômage et la précarité à Paris, le 7 décembre 2019

AFP, publié le samedi 07 décembre 2019 à 20h37

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a jugé samedi que le gouvernement faisait "tout pour que la mobilisation et les grèves durent" contre la réforme des retraites, alors qu'il s'exprimait au départ d'un défilé de chômeurs et précaires à Paris.

Au total, les différentes marches à l'appel du comité national des travailleurs privés d'emplois et précaires CGT, organisées comme chaque année début décembre, ont rassemblé 23.500 personnes en France, selon le ministère de l'Intérieur.

Ces manifestations, parfois renforcées par la présence de "gilets jaunes", avaient cette année une tonalité particulière, en écho au mouvement social contre la réforme des retraites.

Philippe Martinez a défilé en tête d'un cortège rassemblant 2.000 personnes selon la CGT, 1.600 d'après l'Intérieur, dans le calme, entre Montparnasse et l'École militaire, a constaté une journaliste de l'AFP.

Édouard Philippe, qui présentera mercredi en détail la réforme des retraites, a "parlé hier (vendredi) pour préciser un certain nombre de choses mais sur le fond", le chef du gouvernement "n'a pas dit qu'il retirait son projet", a déploré le numéro un de la CGT.

"Il fait tout pour que la mobilisation et les grèves durent", a-t-il ajouté, au surlendemain d'une journée d'action qui a rassemblé plus de 800.000 personnes dans les rues, dans toute la France. "La mobilisation de jeudi, je pense que le gouvernement a mesuré que c'était vraiment assez exceptionnel", "au-dessus des premières (journées) de 1995, ça devrait leur parler", a-t-il dit.

Le responsable syndical a réaffirmé son opposition au projet d'instituer un régime universel de retraite par points. "L'universalité, ça veut rien dire, il faut un système solidaire", a-t-il plaidé. 

Comme on lui demandait ce qu'il attendait des conclusions de la concertation menée par le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye, Philippe Martinez a ironisé: "M. Delevoye va nous dire lundi ce qu'il a retenu de ce qu'on lui a dit. On va aller voir s'il a vraiment écouté ce qu'on lui a dit."

"On va aller voir s'il a retenu qu'on ne voulait pas de son projet", a-t-il poursuivi, soulignant avoir "beaucoup de propositions pour améliorer le système" de retraite actuel.

"Défense de l'assurance chômage, reconquête de la Sécurité sociale", pouvait-on lire sur la banderole de tête, alors qu'est entré en vigueur le 1er novembre le premier volet d'une réforme qui durcit les conditions d'accès à l'indemnisation des demandeurs d'emploi.

"La Sécu, elle est à nous. On s'est battu pour la gagner, on se battra pour la garder", ont scandé les manifestants. L'un d'eux brandissait une pancarte proclamant "Retraite par points, c'est non".

Venue d'Amiens, où elle avait manifesté jeudi contre la réforme des retraites, Catherine Descamps, 69 ans, a témoigné de sa vie avec "950 euros de pension", à l'issue d'une "carrière hachée" de mère élevant "seule (son) enfant", enchaînant "différentes activités, du temps partiel, du temps complet". "Je me considère comme une précaire", a-t-elle dit à l'AFP.

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