Masque en entreprise : les petites entreprises ne seront pas subventionnées

Masque en entreprise : les petites entreprises ne seront pas subventionnées
Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l'Industrie.

Boursier.com, publié le vendredi 21 août 2020 à 14h40

Selon la ministre déléguée à l'Industrie, aider financièrement les petites entreprises à acheter des masques n'est pas forcément le moyen "le plus efficace" de les soutenir...

Le gouvernement laissera à l'employeur la charge du masque.... A la rentrée, le port du masque sera obligatoire en entreprise dans tous les espaces de travail clos et partagés, y compris dans les open-spaces, comme l'avait indiqué la ministre du Travail Elisabeth Borne. Interrogée sur 'France Inter' ce vendredi, la ministre déléguée à l'Industrie a estimé qu'une aide financière à l'achat de masques pour les petites entreprises ne sera pas le moyen "le plus efficace" pour les soutenir.

"Ce sera un coût, on ne va pas se mentir... Il y a d'autres coûts liés à la Covid-19, à la distanciation sociale, à toutes les mesures que nous mettons en place. C'est un coût qui est mondial, c'est-à-dire qu'en termes de compétitivité relative, la France n'est pas isolée. Et c'est un enjeu de santé publique et de sécurisation des salariés", a expliqué Agnès Pannier-Runacher.

Mais "il ne faut jamais perdre de vue que l'argent public c'est notre argent collectivement, et donc l'enjeu c'est de savoir où il est le plus efficace", a ajouté la ministre déléguée, qui évoque notamment le fonds de solidarité mis en place pour les très petites entreprises et les indépendants, qui a permis de soutenir 1,7 million d'entreprises.

Appel à privilégier le masque textile réutilisable

"Je crois que ça, c'est plus efficace que d'aller subventionner au cas par cas des masques dans l'entreprise, alors que cette entreprise peut, peut-être, grâce à son modèle d'activité, se les payer", a-t-elle poursuivi.

Agnès Pannier-Runacher a également rappelé que pour faire des économies, il suffit de privilégier certains types de masques, et notamment le "masque textile réutilisable, lavable". "C'est beaucoup moins cher qu'un masque plastique", a-t-elle précisé, indiquant dans le même temps que la production française de masques était parvenue à rattraper son retard.

Cinq projets sélectionnés

En outre, cinq projets ont été sélectionnés dans le cadre d'un appel à manifestation d'intérêts lancé en avril pour augmenter la production nationale de matière première destinée à la fabrication des masques chirurgicaux et FFP2. Selon la ministre déléguée, cela représente "9 millions d'euros de soutien public et la création de 110 emplois".

En France, "nous n'avions que très peu de production de cette matière première", qui est "une espèce plastique un peu particulière qui retient les particules" pour la fabrication des masques chirurgicaux et FFP2, ce qui constituait un "point de blocage" à la production locale de ces masques, a-t-elle expliqué. A l'heure actuelle, la production nationale de masques chirurgicaux et FFP2 atteint 50 millions d'unités par semaine, contre 3,5 millions il y a cinq mois.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.