Masque obligatoire en entreprise : les entreprises s'inquiètent du surcoût

Masque obligatoire en entreprise : les entreprises s'inquiètent du surcoût
Masque en entreprise

Boursier.com, publié le mercredi 19 août 2020 à 11h16

La CPME Paris Île-de-France a appelé le gouvernement à ne pas laisser les employeurs prendre en charge seuls le surcoût durable engendré par le port du masque obligatoire pour tous les salariés...

A la rentrée, le port du masque sera obligatoire en entreprise dans tous les espaces de travail clos et partagés, y compris dans les open-spaces, a annoncé mardi la ministre du Travail à l'issue d'une rencontre avec les partenaires sociaux. Elisabeth Borne a également précisé que le coût du masque, qui deviendra un équipement de protection individuel, ne sera pas à la charge du salarié, mais de l'employeur.

Favorable à cette mesure et au recours au télétravail chaque fois que cela est possible dans les zones de circulation active du virus, la CPME Paris Île-de-France a toutefois appelé le gouvernement à ne pas laisser les employeurs prendre en charge seuls le surcoût durable engendré par le port du masque rendu obligatoire pour tous les salariés, comme le rapporte 'BFMTV'.

Selon les calculs de l'organisation patronale dédiée aux TPE-PME, ce surcoût des mesures sanitaires (masques, gel hydroalcoolique, désinfection des postes de travail, distanciation) représenterait déjà environ 100 euros par mois et par salarié.

Une seule subvention

Mais lorsqu'"il s'agit de faire bénéficier les salariés de ces masques, c'est clairement une responsabilité de l'employeur", a insisté la ministre du Travail. Concernant un éventuel retour en arrière sur cette mesure pour les entreprises, "je crains que cela ne soit pas pour demain", a-t-elle également indiqué à 'BFMTV', rappelant que "l'épidémie présente à l'évidence des signes d'accélération".

A l'heure actuelle, une seule subvention permet d'aider les entreprises de moins de 50 salariés et les travailleurs indépendants à financer les équipements de protection du Covid-19. Déployé par l'Assurance-maladie, le dispositif vise à rembourser jusqu'à 50% (hors taxes) de l'investissement dans du matériel de protection (vitres, Plexiglas, barrières...).

Pour les petites structures, la prise en charge comprend les surfaces additionnelles et provisoires, et les installations supplémentaires pour l'hygiène. En revanche, masques, gel hydroalcoolique et visières de protection ne sont pris en charge que si l'entreprise a investi dans au moins une de ces mesures barrières.

Le Medef se méfie des "mesures générales"

De son côté, le président délégué du Medef Patrick Martin a dit ce mercredi sur 'RTL' se méfier de "ces mesures générales qui sont parfois difficilement applicables et puis qui, par ailleurs peuvent créer une psychose dans l'opinion publique et chez les salariés, au même moment où c'est la confiance qui doit l'emporter".

"Il y a des entreprises pour lesquelles cela ne se justifie pas", a-t-il affirmé, estimant qu'il faut faire du "cas par cas". "Il faut trouver le bon équilibre entre la nécessaire reprise de l'activité et les messages contradictoires que ce type de mesures peuvent envoyer à l'opinion publique, aux salariés et aux dirigeants eux-mêmes", a ajouté Patrick Martin...

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