Match emplois/salaires: la croissance repart, pas encore les salaires

Match emplois/salaires: la croissance repart, pas encore les salaires
La croissance repart, mais ne profite pas aux salariés, regrette le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez

AFP, publié le samedi 24 mars 2018 à 14h56

Stewards d'Air France, employés des sociétés d'autoroutes Vinci... depuis le début de l'année, les salariés réclament des augmentations. Mais, pour l'instant, la hausse des salaires reste "contenue" malgré la reprise économique, la baisse du chômage et les créations d'emplois. 

La croissance repart. Les créations d'emplois dans le secteur privé ont connu un pic, avec 268.800 emplois crées en 2017. Quant au taux de chômage, il a atteint fin 2017 son plus bas depuis 2009, à 8,9%, faisant dire à la ministre du Travail que la décrue du chômage de masse était "amorcée". 

Dans le même temps, la "progression des salaires reste contenue", relève Bruno Ducoudré, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Traditionnellement, les économistes considèrent que la baisse du chômage entraîne une hausse des salaires.

Dans sa dernière note de conjoncture, publiée mardi, l'Insee considère que le taux de chômage "reste élevé" en France et qu'il "ne soutient pas encore fortement les hausses de salaires". 

"Il peut y avoir un délai entre le moment où l'on commence à avoir suffisamment de créations d'emplois et des tensions sur les recrutements et le moment où cela commence à se voir dans les statistiques", fait valoir M. Ducoudré. 

En 2017, selon le cabinet Deloitte, les augmentations ont été de 2,5% pour les cadres et 2,1% pour les non cadres. Pour 2018, les cabinets LHH-Altedia et Deloitte pronostiquent des hausses de salaires entre 1,8% et 2%. 

L'économiste Patrick Artus (banque Natixis) voit dans cette hausse "contenue", si elle se confirmait, "une amélioration considérable du fonctionnement du marché du travail". "Car au lieu d'avoir davantage de salaires qui mangeront le surplus de la reprise, il y aura davantage de CDI", a-t-il affirmé récemment au cours d'une rencontre au ministère du Travail. 

Les négociations annuelles obligatoires, les fameuses "NAO", ont commencé et les salariés mettent leurs directions sous pression. Air France a ainsi connu vendredi une deuxième journée de grève pour obtenir une augmentation générale de 6%. 

- "Pouvoir de négociation érodé" - 

"La croissance repart, mais à qui profite la croissance? L'argent ne ruisselle pas, il coule de tous les côtés, sauf pour les salariés. La mobilisation sur les salaires repart, c'est nouveau, et nous allons y contribuer", a lancé le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez en début de semaine. 

Du fait de "réformes qui ont eu lieu depuis une trentaine d'années", "le développement des CDD, de l'intérim, du temps partiel, des petits boulots, qui va de concert avec les baisses de cotisations sociales", ont aussi un impact, explique M. Ducoudré. 

"Les petits boulots précaires sont généralement moins bien rémunérés. Et quand vous êtes à temps partiel ou en CDD vous n'allez pas négocier des augmentations de salaires", développe-t-il. Si bien qu'"au fil des années et des réformes, le pouvoir de négociation, s'est érodé", ajoute-t-il. Ceci allant de pair avec une "diminution de la représentation syndicale".

Interrogée sur les revendications salariales qui pointent, la ministre Muriel Pénicaud, a expliqué que c'était du ressort de la "négociation dans les entreprises". "Il y a un équilibre à trouver entre les augmentations générales, qui concernent principalement les bas salaires, la performance individuelle qui peut concerner tous les niveaux mais aussi la performance collective", a-t-elle ajouté. 

Depuis quelques années, la tendance est à l'individualisation plutôt qu'à des augmentations générales. La loi "Pacte" portée par le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, vise l'intéressement et la participation des salariés, notamment dans les entreprises de moins de 50 salariés.

Quant au Smic, il a augmenté de 1,24% au 1er janvier, selon la formule de revalorisation automatique, sans coup de pouce. Abordée dans le rapport du groupe d'experts rendu public avant Noël, la désindexation du salaire minimum - actuellement indexé sur l'inflation et sur le salaire horaire brut des ouvriers et des employés -  est une idée abandonnée pour l'instant par le gouvernement.

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13 commentaires - Match emplois/salaires: la croissance repart, pas encore les salaires
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    krypto62 -

    La croissance repart, belle affaire, mais il est parier qu'elle ne profitera qu'à certains et pas au salariés qui pourtant y participent, tout comme il certain que mille prétextes vont apparaître pour laisser les salariés à la porte des bénéfices. Et quand bien même on leur donnerait un peu, ils seront immédiatement engloutis par quelque taxe ou augmentation, n'oubliez pas que le peuple se doit réduire la dette de plusieurs centaines de milliards accumulée depuis des décennies par nos gouvernants de tous bords qui eux, s'exonèrent facilement de participer à l'effort proportionnellement à leurs revenus, lesquels à ce jour tiennent plus du privilège que du salaire pour travail accompli.

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    ouanadou7519 -

    La croissance repart, pas les salaires, mais je parie ma paie du mois (je peux, je n'en ai plus!) que les dividendes aussi vont repartir à la hausse... On ne peut pas payer tout le monde, n'est-ce pas...

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    Tueur -

    si t'es pas content de ton salaire, t'as qu'à bosser plus ......

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    ajlbn -

    Référence à la réaction : Propos tenus par un intervenant non censuré. Et pourtant pas certain que les termes employés respectent la sacro sainte charte ni le traitement égal pour tous!

    Voila à quoi nous conduit le laxisme de nos politiques. Comment voulez que les forces de l'ordre qui sont pris pour cible et qui ne peuvent pas riposter ne soient pas écoeurer. Les fiches S dehors, les gugus en situation irrégulière qui font des méfaits dehors... A oui on va pendant 2 jours faire des louanges aux forces de l'ordre et dés lundi on les laissera canarder par des merdes et des Cégétistes. Révolter
    --------
    Statut : refusé
    Il y a moins d'une minute
    Réponse Ajlbn - Ne profitez pas de ce drame pour déverser vos haines envers d'autres citoyens, que vous traitez de "merdes" et les cégétistes. La compassion, pour cet Homme avec un H majuscule, est absente de fait dans votre post.
    08- censuré -repassé

    Statut : refusé
    Il y a une minute
    Réponse Ajlbn- Traiter des citoyens de "merdes" c'est conforme à la charte? Et y accoler "Cégétistes" donc associer de fait les 2, c'est aussi conforme à la charte? Je vais voir ce qu'en pense votre CGU!
    08- censuré -repassé

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    ouanadou7519 -

    Faut bien avouer qu'on se demande quelquefois pourquoi certaines réactions sont refuséesz quand on voit les tombereaux d'insanité qui sont acceptées sans sourciller par sainte Modération...

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    Tueur -

    seuls les écrits sensés sont acceptés .....

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    Spidercat -

    Quand on a 2 320 millions d'euros de dettes, on ne peut pas dire que tout va bien ! La dette augmente d'environ de 2000 euros par seconde !
    Tant que notre résultat par rapport un budget national en équilibre ne sera pas positif, nous obérons la vie de nos petits enfants ! M Martinez est tout simplement un irresponsable !

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    ajlbn -

    A Spidercat - Si le gouvernement de droite, et Bercy avec son fameux verrou, se mettaient au travail pour contrer les évadés fiscaux à milliards, les usagers de trusts, de bunkers étanches au fisc et aux douanes, en zones franches, les phobiques administratifs, les élus donneurs de leçons au Bon Peuple, qui ont des sociétés bien planquées dans des états paradis fiscaux, si les magouilleurs et optimiseurs d'impôts rendaient gorge et payaient, comme nous, leur du, tout leur du, si les passeurs de valises de billets et les nomades fiscaux étaient tracés et imposés comme il se doit, nos entreprises du public et du privé, les services, les citoyens honnêtes, auraient une meilleure vie, et les prétextes fallacieux de manque d'argent seraient à ranger au placard des grosses ficelles de management par le stress et la précarité.

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    Tueur -

    bien dit Spidercat ! ajlbn est un insoumis qui n'a pas fait son Primaire ......

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    ajlbn -

    A Tueur -ex Mafiosi - Vous payez bien vos impôts ou vous optimisez?

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    Tueur -

    j'optimise, donc je ne paye pas en France .......

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    JON-DE-LIONNE -

    c'est vrai que la France est devenue un enfer fiscal depuis que les dépenses publiques sont à 57 % du PIB.

    En 1968 les dépenses sociales se situaient à 19.5 % du PIB et en 2017 à 33 % du PIB.

    Les retraites coûtaient 5.1% de la richesse nationale en 1959 et environ 14% aujourd'hui.

    et si on tient compte des remboursements de santé on comprend une partie de notre problème ;;;
    Les dépenses de santé sont passé de 2.6% du PIB à 9.1% du PIB...on va finir par croire que les Français se nourrissent de médicaments BIO !

    Alors bien sûr que le peu qui produit encore de la valeur ajoutée ne peut plus suffire et il faut faire de la dette pour payer...Et dans l'affaire les Français démontrent bien entendu leur égoïsme car ils savent très bien qu'ils laissent le soin à leur propre descendance de payer...pendant ce temps les anciens parcourent le monde et font des croisières...et généralement quand on les titille sur ces faits ils expliquent et disent...nous on a travaillé, les jeunes peuvent faire la mêem chose...en oubliant d'expliquer que eux ont vécu une période qui s'appelait les trente glorieuses et qu'à cette époque n'était tombé sur la France cette chienlit de socialisme qui est venu accroître les charges sur le travail et sans donner plus de pouvoir d'achat à la population. Il s'agissait de financer la constitution d'un réservoir de voix ...redevables à vie !

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    ajlbn -

    A Jon de Lionne - l'enfer fiscal n'est pas pour ceux qui fraudent...et pour cause. Ils nous laissent payer à leur place et profitent de ce que nous avons financé. Plus il y aura de fraudeurs, plus les gens honnêtes subiront les frasques des égoïstes.

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    EddyDonmarcel -

    A l’attention de « ajlbn » :

    Bien que je trouve intolérable la fraude fiscale (Rien à voir avec l’optimisation fiscale même si les cocos mettent tout dans le même panier), dans certains cas, je la comprend. En effet, tous les fraudeurs fiscaux ont d’abord créé de la richesse pour eux et leur pays (Ce qu’aucun coco n’a jamais su faire) et ils ont payés énormément d’impôts et de taxes, mais comme le socialisme a créé des impôts confiscatoires, je comprends sans les excuser les fraudeurs.
    Impôts confiscatoires nécessaires pour entretenir les feignants, les mauvais, les assistés, les contestataires, ceux qui attendent que tout leur tombent tout cuit dans le bec, ceux qui veulent toujours plus de service publique même quand il ne sert que 3 ou 4 tondus par jour, en un mot comme en mille, les gauchistes.

    Mais ce qui me fait marrer, c’est que les cocos et autres gauchistes sont persuadés qu’il y a que les chefs d’entreprises et les très hauts revenus qui fraudent.
    Donc d’après TRACFIN, la fraude fiscale se situe bon an mal an entre 60 et 80 milliards d’€uro.
    Mais grâce à TRACFIN, nous savons également que le petit peuple fraude également et pas avec le dos de la cuillère.

    Il y a d’abord ceux qui affirment sur leurs déclarations de revenus qu’ils font beaucoup plus de kilomètres que ce qu’ils font réellement, ceux qui veulent bénéficier de crédit d’impôt en déclarant avoir fait des travaux d’amélioration de l’habitat alors qu’ils n’ont rien fait ou en déclarant modifier leur système de chauffage alors que c’est une installation neuve, montant totalement inchiffrable.
    Mais pire encore et beaucoup plus fréquent (Toujours de source TRACFIN) vu que le montant est stratosphérique, l’héritier qui fait disparaître une grosse partie des biens et surtout la totalité de l’argent des comptes du défunt pour éviter que ça revienne à l’Etat ou pour ne pas payer de droit de succession.
    Il y a aussi la fraude au « travail au noir » qui fait perdre tous les ans à l’Etat environ 10 milliards d’€uro de recettes fiscales :
    Vous savez le voisin qui tond la pelouse, le tonton qui fait la faïence de la nouvelle salle de bain, le copain qui répare la voiture, et qui est payé en fraiche sans facture.
    Il y a aussi la fraude aux impôts locaux estimée à 1,9 milliards d’€uro par an.
    L’achat de produits contrefaits qui fait perdre tous les ans environ 6 milliards d’€uro de recette fiscale à la France.
    Et hors fraude fiscale, quoique, ça reste de l’argent détourné, il y a la fraude aux allocations familiales estimée à 275 millions d’€uro par an,
    la fraude dans les transports en commun estimée à 500 millions d’€uro par an,
    la fraude à la CAF estimée à plus de 650 millions d’€uro par an,
    la fraude à la carte vitale estimée à 200 millions d’€uro par an,
    la fraude aux faux arrêts de travail estimée à 3 milliards d’€uro par an,
    la fraude à l’assurance estimée à 2,5 milliards d’€uro par an,
    la fraude aux ASSEDIC/RMI estimée à 2,2 milliards d’€uro par an,
    le vol dans les magasins estimé à 5 milliards d’€uro par an (Vols qui mettent en péril certaines entreprises).
    etc, etc, etc… la liste est beaucoup plus longue que cela.
    Concernant les fonctionnaires, il y a aussi :
    Le coût pour la collectivité de l’absentéisme dans la fonction publique, qui est assimilée à une fraude pour une partie estimée entre 40 et 45%, d’après SOFAXIS et la Cours des Comptes (Etudes faites à partir des bilans sociaux des ministères, des agences publiques et des mairies et validées par la commission ROCHE) :
    L’absentéisme dans la fonction publique territoriale qui coûte 3,6 milliards d’€uro par an aux contribuables, plus de 200 millions d’€uro pour la seule ville de Paris,
    L’absentéisme dans l’Education Nationale : 2,8 milliards d’€uro par an,
    Si nous y incluons les coûts de l’absentéisme de la fonction publique hospitalière et du reste de la fonction publique d’Etat, la somme est comprise entre 9 et 10 milliards d’€uro par an.
    Etc, etc, etc . . .

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    PIPOPIPO22 -

    Les 1,7%de la CSG n'ont pas suffit......