Medef: la course à la succession de Gattaz officiellement lancée

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Pierre Gattaz à Rabat, le 11 mars 2016
Pierre Gattaz à Rabat, le 11 mars 2016
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© AFP, FADEL SENNA

AFP, publié le vendredi 04 mai 2018 à 23h52

La course à la présidence du Medef a été lancée officiellement vendredi avec la validation des candidatures pour succéder à partir du 3 juillet à Pierre Gattaz, à la tête de l'organisation patronale depuis 2013.

Le comité statutaire de la première organisation patronale a annoncé avoir retenu la candidature de neuf personnes, qui ont obtenu 50 parrainages de membres de l'Assemblée générale pour pouvoir se présenter: Pierre Brajeux, Dominique Carlac'h, Olivier Klotz, Fabrice Le Saché, Patrick Martin, Frédéric Motte, Geoffroy Roux de Bézieux, Alexandre Saubot et Jean-Charles Simon.

Mais au final, la course ne se fera qu'entre sept personnes: fin avril, Pierre Brajeux, patron du Medef Hauts-de-Seine, et Fabrice Le Saché, fondateur d'Aera Group, une société de conseil et de négoce spécialisée sur les financements verts très active en Afrique, ont annoncé qu'ils se rallieraient au président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes Patrick Martin, une fois passée l'étape du comité statutaire. 

Dans un communiqué vendredi, ils ont confirmé cette alliance, soulignant qu'elle réunissait "trois dirigeants de TPE (très petite entreprise), PME et ETI (entreprise de taille intermédiaire), de l'industrie et des services, de Paris et des territoires".

Parmi les autres candidats ne figure qu'une seule femme, Dominique Carlac'h, ancienne spécialiste du 400 mètres et à la tête depuis 25 ans d'une société de conseil.

Geoffroy Roux de Bézieux, 55 ans, à la tête du groupe Notus Technologies et vice-président de l'organisation patronale chargé du pôle économie, brigue pour la deuxième fois la présidence du mouvement. 

Il est présenté comme l'un des favoris pour l'élection, avec Alexandre Saubot, ancien vice-président du Medef chargé du pôle social et patron du groupe industriel familial Haulotte. Ce dernier a récemment démissionné de la présidence de la puissante fédération de la métallurgie, l'UIMM, pour pouvoir se consacrer à la campagne.

Autre vice-président du Medef chargé du pôle branches, mandats et territoires, Frédéric Motte a annoncé, aussitôt sa candidature validée, démissionner de cette fonction pour mener la campagne "en liberté et sérénité".

Jean-Charles Simon est quant à lui un ancien directeur général du Medef, qui a officié à l'ère de l'emblématique patronne des patrons Laurence Parisot, et un ancien cadre de l'Association française des entreprises privées (Afep), qui regroupe les plus grands groupes français. Il a annoncé fin mars faire candidature commune avec Vincent Charpin, président du Medef Pays de la Loire. 

Enfin, Olivier Klotz est le président du Medef Alsace. 

- Une élection ouverte -

C'est la première fois qu'autant de candidats briguent la tête de l'organisation. Ceux-ci ont commencé à se manifester après que la candidature du patron de Michelin Jean-Dominique Sénard, qui faisait figure d'ultra-favori, a été écartée en raison de son âge, les statuts du Medef interdisant d'avoir plus de 65 ans le jour de l'élection.

Aujourd'hui, la consultation semble très ouverte. "Il y a les deux gros candidats (Alexandre Saubot et Geoffroy Roux de Bézieux) qui ont vraiment une importance", confie un observateur. "Mais le fait que Patrick Martin ait réussi à réunir deux candidats derrière lui fait qu'il y a une dynamique dans son camp", ajoute cette source.

Les candidats seront auditionnés le 28 mai par le comité exécutif qui rendra son avis le 11 juin. 

Ils passeront aussi de grands oraux devant plusieurs fédérations professionnelles ou territoriales: ils seront notamment entendus le 17 mai par la Fédération française du bâtiment et le lendemain par l'UIMM.

Ces auditions revêtent une importance particulière car elles permettent à ces fédérations de déterminer le candidat qu'elles soutiendront. 

La décision finale reviendra toutefois aux quelque 560 membres de l'assemblée générale du Medef ayant voix délibérative - sur 591 membres au total - et qui voteront le 3 juillet.

Le candidat qui obtient la majorité absolue est élu pour un mandat de cinq ans non renouvelable, à condition que les deux tiers des membres votants aient pris part au scrutin. Si aucun candidat ne l'obtient, un second tour est organisé.

Qui qu'il soit, le successeur de Pierre Gattaz aura pour tâche de renouveler le mouvement, face à un exécutif qui répond à de nombreuses demandes des entrepreneurs mais qui remet aussi en cause le rôle des syndicats, aussi bien de salariés que d'employeurs.

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