Menace sur le remboursement de l'homéopathie, Boiron s'inquiète

Menace sur le remboursement de l'homéopathie, Boiron s'inquiète©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 20 mai 2019 à 00h41

La cotation du titre Boiron doit reprendre ce lundi à la Bourse de Paris. Le groupe avait demandé sa suspension jeudi dernier après des fuites concernant un rapport préconisant l'arrêt du remboursement des traitements homéopathiques.

Faut-il continuer à rembourser les traitements homéopathiques ? Ils sont actuellement pris en charge par l'Assurance maladie à hauteur de 30%, un taux qui concerne les médicaments, ainsi que préparations magistrales homéopathiques (PMH).

Un "manque d'efficacité prouvée"

Cependant, selon des informations publiées la semaine dernière par la presse, la Haute Autorité de Santé (HAS) a recommandé le déremboursement dans un avis adopté le 15 mai. Dans ce projet, la HAS, qui a étudié 1.200 médicaments homéopathiques, évoquerait un "manque d'efficacité prouvée" de ces traitements. L'avis définitif de la Haute Autorité de la santé doit être rendu à la mi-juin...

L'action du laboratoire Boiron suspendue à la Bourse de Paris

Ces fuites dans la presse ont fait l'effet d'une bombe sur l'action Boiron, qui a plongé de 7% la semaine dernière, pour retomber à son plus bas niveau depuis 5 ans ! Jeudi, la société a demandé la suspension de la cotation de son action à la Bourse de Paris, en dénonçant la publication dans les médias de l'avis de l'HAS censé rester confidentiel et être communiqué aux seuls laboratoires concernés. Vendredi, le groupe a fait savoir que la cotation du titre reprendrait ce lundi, Boiron ayant depuis reçu le premier avis de l'HAS.

"La diffusion par la presse de ce premier avis, censé être confidentiel, cause un réel préjudice aux salariés, clients et actionnaires du groupe", s'est insurgé le groupe dans un communiqué.

Des attaques injustifiées contre l'homéopathie ?

Selon la procédure, l'avis de l'HAS est transmis aux trois laboratoires concernés (Boiron, Lehning et Veleda) pour qu'ils puissent faire valoir leurs arguments durant une "phase contradictoire". Ce n'est qu'à l'issue de cette phase contradictoire que sera rendu l'avis définitif de la HAS, sur lequel le gouvernement s'appuiera pour décider ou non de dérembourser l'homéopathie.

C'est la ministre de la Santé Agnès Buzyn qui avait sollicité la Haute autorité de santé il y a plusieurs mois, suite à la montée de la polémique entre médecins pro et anti-homéopathie. A ce sujet, Boiron déplore que "depuis plusieurs mois, l'homéopathie fait l'objet d'attaques injustifiées et de contre-vérités alors que 85% des médecins généralistes libéraux déclarent prescrire de l'homéopathie à leurs patients (enquête Ipsos de mars 2019)".

Le laboratoire a lancé une pétition pour défendre l'homéopathie, qui a recueilli jusqu'ici 400.000 signatures. Le 26 avril, le groupe a publié un chiffre d'affaires en recul de 10,1% au premier trimestre sur un an à 159,4 millions d'euros. En France, les ventes ont baissé de 9,3%.

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