Moratoire de Lille sur la 5G: une "tartufferie incompréhensible" pour Cédric O

Moratoire de Lille sur la 5G: une "tartufferie incompréhensible" pour Cédric O
Le secrétaire d'Etat au numérique, Cédric O (au premier plan), au siège d'Ericsson France à Massy, près de Paris, le 1er octobre 2020

AFP, publié le dimanche 11 octobre 2020 à 10h35

Le moratoire voté par la ville de Lille sur le déploiement de la 5G est une "tartufferie incompréhensible" venant d'une ancienne ministre, Martine Aubry, estime dimanche le secrétaire d'Etat au numérique, Cédric O, dans le Parisien.

M. O annonce néanmoins une augmentation des contrôles des émissions d'ondes électromagnétiques pour rassurer maires et collectivités.

"Dire qu'il y a encore des incertitudes sur les fréquences utilisées pour la 5G, c'est mentir aux Français", déclare Cédric O.

"Parce que nos doutes persistent tant du point de vue sanitaire que de la sobriété numérique sur le déploiement de la 5G, nous avons voté (...) un moratoire. Il est urgent d'attendre !", avait indiqué samedi dans un tweet Martine Aubry, pour expliquer la décision de la municipalité de Lille sur le déploiement de la 5G.

Cédric O tacle aussi le maire de Grenoble Eric Piolle, également farouche opposant de la cinquième génération de téléphonie mobile qui doit être lancée commercialement d'ici à la fin de l'année. Il "savent très bien qu'ils ont besoin de la 5G pour éviter une saturation des réseaux qui serait indéfendable devant leurs administrés" dit le secrétaire d'Etat.

Cédric O salue l'attitude "infiniment plus courageuse et responsable" de la maire de Paris, Anne Hidalgo, soulignant qu'elle refuse un moratoire dans la capitale. Il note aussi que le maire de Bordeaux, l'écologiste Pierre Hurmic, "n'a lui non plus, finalement, pas fait voter un moratoire".

Le ministre annonce un plan de contrôle de la 5G, portant sur le niveau d'émission d'ondes électromagnétiques par les téléphones ainsi que par les antennes.

L'ANFR (Agence nationale des fréquences), un organisme indépendant, "va doubler le nombre de contrôles de smartphones en 2021": elle effectuera "140 contrôles de l'exposition du public aux ondes, c'est-à-dire du débit d'absorption spécifique (DAS) d'un appareil", dit-il.

Les smartphones 5G les plus vendus seront ciblés avec des versions logicielles différentes.

Concernant les contrôles d'antennes, il devrait y en avoir "10.000 en 2021", contre 6.500 en 2020 et 3.066 en 2019, dont 4.800 porteront "en priorité" sur les équipements 5G, ajoute Cédric O, et les "données seront rendues publiques".

Se déclarant "confiant" sur les conclusions du rapport de l'Anses attendu en mars 2021 sur la dangerosité de la 5G, Cédric O signale aussi le lancement "d'études complémentaires sur la bande de fréquence de 26 Ghz" qui "sera la prochaine génération de la 5G déployée d'ici deux à trois ans".

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