Mortalité routière en forte hausse, la destruction des radars pointée du doigt

Mortalité routière en forte hausse, la destruction des radars pointée du doigt©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 28 mars 2019 à 15h33

"Je pense qu'il ne faut pas être polytechnicien pour comprendre ce qu'il se passe, c'est-à-dire que la dégradation des radars fait qu'on accélère plus", estime le délégué interministériel à la Sécurité routière...

La faute au mouvement des "Gilets jaunes" ? La mortalité a augmenté de 17% sur les routes françaises le mois dernier, une mauvaise nouvelle que l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière explique notamment par la dégradation des radars induisant un "relâchement des comportements".

Quelque 253 personnes sont décédées sur les routes en février, contre 216 en février 2018, soit 37 de plus (+17,1%). Les piétons, les cyclistes (18 tués, un record pour un mois de février), les jeunes et les seniors sont les premiers concernés par cette hausse. "L'effet de la forte dégradation des radars fixes s'amplifie et se traduit par un relâchement des comportements sur l'ensemble des réseaux", estime l'ONISR.

Plus de 5.000 blessés

Le nombre de morts augmente en particulier sur le réseau hors agglomération et hors autoroutes, soit le premier réseau théoriquement concerné par l'abaissement de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h entrée en vigueur le 1er juillet 2018.

Plus de 5.000 personnes (5.021) ont été blessées, contre 4.132 en février 2018, soit 889 de plus (+21,5%).

"Je pense qu'il ne faut pas être polytechnicien pour comprendre ce qu'il se passe, c'est-à-dire que la dégradation des radars fait qu'on accélère plus, parfois c'est pas beaucoup, c'est des personnes de bonne foi qui se disent 'il n'y a plus de radar je vais faire moins attention'. Ce n'est pas qu'ils font des grands excès de vitesse, mais vous multipliez ça par des millions de gens et des milliards de kilomètres vous obtenez un effet d'ordre statistique", a analysé sur RTL Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la Sécurité routière...

Déjà en hausse en janvier

Selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, "à peu près 75% du parc de radars a été soit détruit, soit détérioré, soit attaqué, soit neutralisé", depuis novembre et le début du mouvement des "Gilets jaunes".

Sur certains radars masqués, qui continuent à enregistrer la vitesse des véhicules sans pouvoir les identifier, les infractions ont été multipliées par quatre au mois de décembre, estime-t-il. En janvier, l'ONISR avait fait état d'une augmentation de 3,9% du nombre de morts sur les routes - une hausse que Christophe Castaner avait déjà attribuée au mouvement des "Gilets jaunes".

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