Moscou accuse Twitter d'avoir enfreint la loi sur les contenus prohibés

Moscou accuse Twitter d'avoir enfreint la loi sur les contenus prohibés
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Orange avec Boursier.com, publié le lundi 01 mars 2021 à 12h34

Depuis 2017, la plateforme de micro-blogging n'a pas supprimé 2.862 tweets contenant des informations interdites, selon l'agence fédérale russe de surveillance des communications.

Depuis 2017, la plateforme de micro-blogging n'a pas supprimé 2.862 tweets contenant des informations interdites, selon l'agence fédérale russe de surveillance des communications.

Dans un communiqué publié ce lundi, l'agence fédérale russe de surveillance des communications, Roskomnadzor, a accusé la plateforme de micro-blogging d'avoir enfreint les lois du pays, le réseau social américain n'étant pas parvenu à mettre en oeuvre ses demandes de suppression de contenus interdits.

Plus précisément, l'autorité russe du secteur reproche à Twitter, utilisé notamment par l'opposant russe Alexeï Navalny et ses partisans pour critiquer les autorités, de ne pas avoir supprimé 2.862 publications relatives au "suicide" ou aux "appels au suicide", aux "images pornographiques de mineurs" et à "la drogue" depuis 2017.

"Au total, Roskomnadzor a envoyé plus de 28.000 demandes de suppression à Twitter concernant des informations reconnues comme interdites", détaille le communiqué.

La Russie veut contrer l'influence des réseaux sociaux étrangers

L'agence fédérale russe de surveillance des communications rappelle qu'en vertu de la législation les personnes morales qui commettent de telles infractions s'exposent à "une amende administrative allant de 800.000 à 8 millions de roubles". En cas de récidive, le montant de l'amende est porté à 20% des recettes annuelles de l'entreprise, précise-t-elle.

Ces derniers mois, la Russie a adopté une série de mesures afin de contrer l'influence des réseaux sociaux étrangers, alors que Vladimir Poutine s'était interrogé en janvier dernier sur le poids croissant des géants américains des réseaux sociaux. Le président russe avait alors estimé qu'au regard de leur influence, ils étaient désormais en concurrence avec les Etats.

En décembre, la chambre basse du Parlement avait ainsi adopté un projet de loi imposant de lourdes amendes aux plateformes qui ne suppriment pas les contenus interdits. L'accès aux réseaux des géants américains peut même être restreint en cas de "discrimination" des médias russes.

Facebook et d'autres plateformes américaines également dans le viseur

Twitter a déjà été condamné à une amende pour avoir enfreint les lois russes sur les données, mais les montants ont jusqu'à présent été relativement faibles. Le groupe américain n'a pas répondu pour le moment à une demande de commentaire.

Le ministère des Affaires étrangères a également accusé Facebook et d'autres plateformes de réseaux sociaux américains de n'être pas parvenu à identifier de faux messages liés à des manifestations non autorisées en faveur d'Alexeï Navalny, qui a été condamné à trois ans et demi de prison le mois dernier.

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