Muriel Pénicaud dévoile son "big bang" pour la formation

Muriel Pénicaud dévoile son "big bang" pour la formation©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 05 mars 2018 à 11h14

Muriel Pénicaud avait annoncé un "big bang" pour simplifier les démarches, économiser les coûts, et réduire le chômage. La ministre du Travail a donné le coup d'envoi lundi de sa réforme de la formation professionnelle qui vise, avec la refonte de l'apprentissage et de l'assurance chômage, à préparer la population à "la transformation des métiers" et aux "mutations technologiques". La ministre avait annoncé la couleur, en laissant comprendre qu'elle irait plus loin que les partenaires sociaux, qui ont trouvé un accord dans la nuit du 21 au 22 février - et que le terme de "big bang" inquiète beaucoup.

Première mesure : un abondement du compte personnel de formation en euros et non plus en heures. Le CPF sera crédité de 500 euros par année avec un plafond à 5.000 euros. Les personnes sans qualifications verront leur compte abondé de 800 euros, plafonné à 8.000 euros. Une application mobile CPF sera mise en place pour que chaque actif puisse connaître le montant des crédits restants sur son compte et s'inscrire directement aux formations.

Mise à l'écart des OPCA

Cette mesure ne devrait pas manquer de heurter le patronat et les syndicats : s'ils s'étaient entendus pour augmenter le nombre d'heures disponibles sur le CPF, ils jugent dangereux, en revanche, de passer d'un système d'heures en euros. "Le salarié aura l'impression de donner de l'argent pour son entreprise, ce qu'il refusera ou négociera", a dit le président du Medef, Pierre Gattaz, dans le 'Journal du Dimanche'.

Autre mesure qui suscite l'ire des partenaires sociaux : la mise à l'écart des OPCA (Organismes paritaires collecteurs agrées) de la collecte des fonds dédiés à la formation professionnelle - plus de 30 milliards d'euros par an. Ce seront les Urssaf qui récupéreront les montants provenant de la nouvelle taxe unique (apprentissage et formation). Cette taxe, inchangée, représente 1,68% de la masse salariale pour les entreprises de plus de 11 salariés et 1,23% pour les autres.

Création de France compétences

Ils anticiperont la transformation des métiers et bâtiront une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Ils financeront également les centres de formation d'apprentis (CFA) en fonction des contrats définis par les branches et appuieront les branches qui le souhaitent dans la co-construction des diplômes.

Pour Pierre Gattaz, "on peut pousser les OPCA à être plus efficaces, mais on ne peut nier leur rôle indispensable de conseil et d'accompagnement des entreprises". "Il s'agit de les réformer, mais de les supprimer", a-t-il dit. Une agence nationale, France compétences, remplacera les trois instances de gouvernance paritaires actuelles (FPSPP, Cnefop, Copanef).

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